Que faire quand on a déjà bossé sur des jeux maboules (les Just Cause, entre autres) pendant quinze ans chez Avalanche et qu'on part fonder son propre studio ? Apparemment, une fable écologique avec des animaux tout mignons et des combats tout violents à la Sleeping Dogs, dans un grand monde ouvert et avec une narration évolutive. Pour un petit studio de quatorze personnes, c'est ambitieux. Dans Biomutant, le joueur incarne une bestiole à poils (je préfère ne pas lui donner d'espèce, d'une part parce que c'est dégueulasse : qui sommes-nous pour mettre les animaux dans de petites cages alors qu'ils n'ont rien demandé ? ; d'autre part parce que tout le jeu tourne autour d'énormes mutations génétiques et que dans le cas présent on ne peut décemment pas appeler un chat un chat) et borgne qui casse la gueule (là je peux le dire, ce n'est pas un gros mot, ce sont des bêtes, et non, rassurez-vous, je ne vais pas vous refaire une longue parenthèse, pas de panique, on arrive au jeu) à d'innombrables autres bestioles qui veulent lui faire le pelage. Pourquoi ? Car vous voulez sauver l'arbre de la vie, sur le point de mourir, mais aussi mater les différentes tribus locales pour devenir leur roi. À moins que vous ne souhaitiez simplement aider une tribu parmi les autres, pour qu'elle prenne plus facilement le contrôle ? Si vous tenez absolument à gagner en perdant, vous pouvez aussi décider de laisser l'arbre de la vie mourir, ce qui causera la fin du monde et votre victoire, mais on n'a rien sans rien.