Au premier plan (car on se croirait presque sur la scène d'un théâtre) : un arbre, quelques arbustes, des fleurs et une Deuche à moitié passée par-dessus la falaise, qui oscille doucement, prête à tomber dans le vide. En fond : la mer, le ciel. Dans la voiture, une jeune femme qui n'ose pas bouger, terrifiée par l'idée de la chute inéluctable. Alors elle attend, elle pense à la vie, à la mort, aux chouettes et aux tortues, à la solitude. Elle parle toute seule, discute avec un écureuil et un cerf... Dans Far From Noise, presque méditatif tant il est volontairement lent, on choisit les embranchements de ce quasi-monologue d'une heure et demie, on façonne le passé et les motivations de la jeune femme. Cela suffit pour rendre attachant ce personnage pourtant toujours invisible et pour ne jamais vouloir détourner les yeux, ne serait-ce qu'un instant, de ce décor presque statique.