« Quand j'ai dû quitter mon premier studio, j'étais en colère. C'était extrêmement injuste. Je voulais tout raconter à tout le monde. Et puis j'ai vérifié mon contrat, qui disait que je n'avais pas le droit de parler de quoi que ce soit qui s'était déroulé au sein de l'entreprise pendant les trois années qui suivaient mon départ. Alors je me suis juré de tout balancer trois ans après. Et finalement je n'ai jamais rien dit. » L'histoire de Dominique* illustre bien le pouvoir qu'ont les studios, et surtout les gros (chez les petits indés c'est différent), sur la parole de leurs employés. Ce genre de clauses de confidentialité, utilisés communément par toutes les entreprises des secteurs technologiques, devrait, en droit français, ne concerner que les informations dont des concurrents pourraient tirer parti ou qui ne devraient pas donner lieu à publicité. Si vous mettez au point des téléphones, vous n'êtes pas censé aller raconter au voisin comment ça se passe chez vous. Dans une entreprise de jeux vidéo, la nature des informations à protéger est beaucoup plus floue. Une ambiguïté volontiers entretenue par les employeurs, qui conduit les salariés à mettre sous un couvercle tous les aspects de leur vie professionnelle.