Au début, bien sûr, c'est comique : une tête émerge d'une marmite en fonte, puis un torse dont les bras saisissent le long manche d'un marteau posé à côté. Mi-homme mi-marmite, on se déplace à l'aide du marteau (qu'on dirige à la souris), en se traînant, en se propulsant, en faisant n'importe quoi. C'est fort rigolo*, et on n'en attendait pas moins du créateur de QWOP et Super Pole Riders. Mais ces premières minutes sont trompeuses : Getting over it n'est pas un jeu drôle. On n'est pas là pour s'amuser mais pour souffrir. Car bientôt, le premier obstacle sérieux se profile à l'horizon : un arbre bien vertical, aux branches qui bloquent le passage. On arrête de faire le foufou, on essaye de comprendre ce qu'on dirige avec sa souris, comment fonctionne le marteau, on grimpe sur une branche puis une autre, on approche du sommet de l'arbre mais on panique, on retombe cinq mètres en arrière. On recommence, on se concentre, on échoue encore et encore, et puis on finit par passer presque aisément, satisfait d'avoir déjoué ce piège retors. On vient de terminer le didacticiel. Une falaise infranchissable (mais qu'il va falloir franchir, on n'est pas là pour oindre les tartines de beurre demi-sel) se dresse maintenant devant l'homme-marmite**. Bennett Foddy prend alors la parole en voix-off.

*Il s'agit d'un hommage assumé à Sexy Hiking, un jeu amateur gratuit et ultra difficile de 2002.
**Bennett Foddy l'appelle Diogène, ce qui se tient : la marmite et le marteau remplacent la jarre et le bâton traditionnels du philosophe-clochard.