Si, de l'extérieur, l'industrie du jeu vidéo peut sembler secrète, ferméeNote : 1, au sein du milieu, les gens se fréquentent, se parlent. Et de plus en plus souvent, ils s’organisent. Certes, les développeurs n’ont pas attendu la fin des années 2010 pour se regrouper. Mais les initiatives actuelles, dynamiques et volontaires, dépassent les simples rassemblements informels et tentent de prendre les problèmes à bras-le-corps, là où les précédentes tentatives restaient peut-être un peu timides. Dès le début des années 2000, l’International Game Developers Association (IGDA), regroupement professionnel créé dans les années 1990 et surtout actif en Amérique du Nord, avait essaimé en France. Le chapitre lyonnais de l’IGDA, qui tombait pourtant à point nommé pour fédérer une partie de l’industrie au moment des difficultés d’Infogrames, n’a duré que quelques années. Son versant parisien en revanche, créé en septembre 2001, a continué à organiser des réunions, certes de plus en plus rares, jusqu’en février 2015. Quelques dizaines de personnes se retrouvaient alors dans des bars ou des restaurants de flammekueche, pour discuter sans grandes conséquences du financement du jeu vidéo français, des rapports avec les pouvoirs publics, de questions de salaires ou des relations avec les éditeurs... Avec parfois des conférences de pointures de l’industrie française (David Cage, Philippe Ulrich, Eric Chahi…).

Note 1 : Voir « La culture du silence », Canard PC n° 372.