C'est exceptionnel dans le monde des jeux vidéo : vingt-et-un salariés d'Eugen Systems (Ruse, Act of Agression, Steel Division) se sont mis en grève le 14 février en milieu de journée. Les grévistes ont voté la reconduction de la grève les jours suivants, et à l'heure où nous bouclons ce magazine, le mardi 20 février, ils n'ont pas repris le travail*. Ils réclament (depuis plus d'un an, comme nous le racontions dans Canard PC no 375, par la voix de leurs délégués du personnel puis par celle d'un avocat) l'application des bons grades et coefficients sur leur fiche de paie et, partant, le respect des minima de salaires imposés par leur convention collective Syntec, ainsi que la rétribution des heures supplémentaires. En fin d'année 2017, une quarantaine de salariés (sur un total officiel de quarante-quatre) avaient même cosigné une lettre à la direction en ce sens. « Face à l’absence manifeste de considération pour la valeur de notre travail, nous en sommes arrivés à la conclusion que, pour nous faire entendre, nous n’avions plus d’autre option que de nous mettre en grève », expliquent les salariés grévistes dans un communiqué relayé par le Syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo (STJV).

* À l'heure où nous mettons en ligne cet article, le vendredi 22 février, une quinzaine de salariés poursuit la grève.