Avant d’entrer dans le vif du sujet, notons l’évidence, celle qui saute aux yeux. Boss Key a commencé par cocher la case de « direction artistique eighties » avec un gros marqueur indélébile. Les développeurs y sont allés si fort que le simple fait de lancer le jeu suffit à provoquer un profond malaise, même chez un trentenaire comme moi, biberonné à la synthwave et aux néons depuis des années. Coupes mulet, mini-shorts, salles d’arcade, couleurs fluo... C’est comme si les développeurs voulaient s’assurer que le dernier des crétins saisirait bien la référence aux années 1980. Hein, vous savez, notre enfance avec le verre de Banga pendant qu’on regardait Musclor en jouant à la Game Boy. Oui, cette phrase est lourde, comme l’insistance que met Boss Key à faire passer le message. Et encore, si le jeu était joli, je pourrais ronger mon frein, peut-être même me faire une raison. Mais comment justifier, même dans un jeu qui se présente comme un « X-TREME EARLY ACCESS », cet étalage de laideur qui donne l’impression que l’Unreal Engine s’est ramassé une balle dans la nuque ? Des rivières qui donnent l’impression d’être remplies de peinture bleue, une distance d’affichage qui transforme tout en bouillie après vingt mètres, une boutique dont les objets cosmétiques sont modélisés à la truelle... C’est comme si Radical Heights avait été développé dans le but de nous infliger une douleur physique intégrale en commençant par nos yeux.