Underworld Ascendant, rappelons-le, est la suite spirituelle des Ultima Underworld, extraordinaires jeux de rôle en vue subjective des années 1990. Si les Underworld n'ont pas connu de descendants directsNote : 1, ils ont donné naissance à un genre, celui des « simulations immersives », jeux en vue subjective qui avaient en commun de proposer des univers cohérents, généralement ouverts, dans lesquels les propriétés des objets et de l'environnement permettaient l'émergence de situations originales. Si la plupart de ces titres, de System Shock à Thief en passant par Deus Ex, ont été des succès critiques davantage que commerciaux, ils ont eu une influence majeure sur tous les jeux du XXIe siècle. Mais revenons à Ascendant, qui nous propose de visiter à nouveau l'Abysse Stygienne, prison souterraine où se déroulait le premier Underworld. Le joueur (et quand je dis le joueur ce n'est pas une métonymie, le héros d'Ascendant est le joueur lui-même, aspiré malgré lui dans les profondeurs de l'Abysse après avoir malencontreusement touché la machine où tournait ce jeu maudit) commence par apprendre comment interagir avec son environnement. On doit, comme la voix du narrateur nous y incite, faire preuve de créativité, apprendre, mourir, recommencer, progresser. On découvre que chaque objet ou presque peut être déplacé, les plus petits finissant dans l'inventaire, les autres étant simplement trimbalés à bout de bras pour être reposés plus loin. Que les matériaux ont des propriétés différentes. Certains sont inflammables : placez un panier d'osier dans un brasier puis collez-le à une porte en bois, cette dernière prendra feu à son tour et vous pourrez passer sans perdre de temps à en chercher la clé. Les liquides, au contraire, éteignent le feu : une flèche à laquelle est accroché un ballon d'eau, ou même une simple gourde, suffisent à étouffer une torche et à plonger une zone dans l'obscurité pour s'y déplacer tranquillement.

Note 1 : Allez, OK, Arx Fatalis.