En préambule, trois expériences personnelles, espacées d'une dizaine d'années :

I. Je me souviens d'un voyage à Berlin, une poignée d’années après la chute du Mur. C’est un cliché aujourd'hui de dire que cette ville est un chantier à ciel ouvert, mais à l’époque, c’était littéralement ça, avec un quartier en plein centre qui n’était encore qu'un gigantesque terrain vague (et qui est devenu la Potsdamer Platz, autant dire que je préfère la version boueuse). Logé dans une HLM de Berlin-Est (Küsschen à la famille Horn), j’avais découvert la gastronomie locale et notamment une surprenante salade au sucre qui m’a traumatisé à vie. Dans les rues, on pouvait encore voir quelques TrabantNote : 1, avant qu’elles ne deviennent une icône ironique. De Berlin, je garde un souvenir bien plus sinistre que lors de mes visites suivantes, celui d’une ville immense et sous-peuplée, vide et triste, dans un abandon soigneusement entretenu.

Note 1 : La Trabant était la voiture officielle en Allemagne de l'Est. Elle faisait passer la Méhari de Citroën pour un modèle de sécurité routière et reste l'un des rares véhicules moins bien notés que la Renault Fuego.