Le problème des jeux Telltale, c’est qu’ils ne racontent souvent pas grand-chose (il y a une aventure, certes, mais dénuée, avec une régularité épatante, de surprise et d’originalité), que les choix n’en sont souvent pas vraiment. Que, finalement, on passe une demi-douzaine d’heures devant une longue cinématique mal écrite et mal rythmée, dans l’espoir de pouvoir y changer quelque chose, mais qu’au bout du compte, ces changements seront minimes. Bref, quand on en a fait un, on les a à peu près tous faits – une similarité d’ailleurs exacerbée par le moteur graphique vieillissant du studio, et des personnages aux voix et têtes toutes identiques d’une série à l’autre. La première saison de Batman n’échappait pas complètement à ce schéma mais s’en tirait (malgré des débuts difficiles) grâce à une pirouette scénaristique qui faisait des parents Wayne une famille mafieuse : tout d’un coup, Batman devenait superflu, Bruce devait enquêter sur lui-même et sa famille, il fallait diriger un personnage qui doutait, ça changeait. La seconde saison (et possiblement dernière, Telltale ayant décidé de réduire son nombre de sorties après avoir licencié un quart de ses employésNote : 1) continue de jouer avec la mythologie Batman, introduisant cette fois un proto-Suicide Squad. Là encore, on ne change pas vraiment l’histoire, la structure générale de la saison reste la même, mais on va pouvoir en altérer certaines pièces, certains personnages. Et plus particulièrement les méchants.

Note 1 : Le site américain The Verge a également publié une enquête mettant au jour une forte culture du crunch, des salaires très bas et un management toxique dans le studio américain.