Ce n’est ni le plus gros ni le plus connu des festivals de jeux vidéo, mais c’est désormais l’un des plus anciens : le Stunfest, en 2018, célébrait sa quatorzième édition, toujours à Rennes. En prélude à ce week-end de trois jours étaient organisées, en partie par la même équipe, les rencontres professionnelles Addon, elles aussi étalées sur trois jours. Bref, une bonne semaine de jeux vidéo, qui a regroupé quelques milliers de personnesNote : 1. On pourrait croire ça anecdotique au regard d’événements comme la Paris Games Week ou la Gamescom de Cologne, mais le Stunfest n’a pas du tout la même approche. Il ne s’agit pas d’un salon (autrement dit pas d’un événement conçu pour que des entreprises puissent vendre des produits à des clients) mais d’un festival, avec pour but de rassembler des gens venant des mêmes communautés pour leur permettre d’échanger, d’apprendre et de s’amuser ensemble. C’est un lieu qui, malgré une absence l’an dernier pour réorganiser le festival, a ses codes, son vocabulaire, ses habitudes, ses symboles, comme la traditionnelle galette-saucisse, à la fois principal repas consommé dans les murs (et vendu, d’ailleurs, par le stand de crêperie des organisateurs), nom d’équipe de speedrunnersNote : 2, signe de reconnaissance des habitués et cri de ralliement sur place. Le plus paradoxal avec le Stunfest (car il s’agit après tout d’un endroit, surtout cette année, centré sur des tournois intenses et des speedruns retransmis en direct), c’est qu’on y prend son temps. Plutôt que de faire la queue pour jouer, nombre de visiteurs squattent les transats et bancs de l’esplanade Charles-de-Gaulle, privatisée pour la semaine par le Stunfest, et discutent au soleil, un verre à la main. Personne n’est pressé, personne n’est stressé. Pardonnez-moi mais c’est extrêmement perturbant.

Note 1 : Le Stunfest a un peu joué de malchance cette année : la gare de Rennes était fermée pour travaux pile ce week-end-là, ce qui a potentiellement découragé quelques visiteurs.
Note 2 : Véridique.