Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand je réussis un plat après d’innombrables essais ratés et alors qu’une odeur de brûlé imprègne désormais les murs de ma cuisine pour l’éternité, eh bien j’ai tendance à en garder la recette et à ne plus faire que ça. Ce serait après tout dommage d’essayer de cuisiner autre chose et de gâcher toute cette expérience chèrement acquise. C’est également la solution choisie par Overcooked 2, qui ne change pas la recette du premier : une cuisine en folie où quatre cuistots (appelons-les John) se coordonnent plus ou moins pour se passer des ingrédients et des assiettes et, par magie, par miracle, réussir les plats que leurs clients commandent. À l’écran, il ne semble pas se passer grand-chose : quatre personnages vus de dessus vont chercher du concombre ou des tomates, les coupent, les mettent sur des assiettes... on aperçoit parfois une légère frénésie, quelques hésitations, mais rien de plus. Écoutez ceux qui y jouent et tout d’un coup Overcooked prend une autre dimension (il faudrait d’ailleurs qu’un sociologue se penche sur le sujet) : les quatre joueurs se crient dessus (poliment bien sûr, on est là pour s’amuser après tout, au début en tout cas car ça devient vite sérieux) et répètent leurs demandes (« il me faut une assiette ! où est mon assiette ? ») alors que le niveau de stress augmente chaque seconde. C’est là-dessus que joue Overcooked 2, en proposant de nouvelles cuisines à l’architecture de plus en plus complexe, pour toujours plus de zinzinade et de plats cramés.