Au début, on ne comprend pas trop, ou alors on n’ose pas. Une femme, Amanda, discute avec un petit garçon, David. Il semble sérieux, pressé, mène la conversation, l’interrompt sévèrement quand ce qu’elle dit ne l’intéresse pas. Elle tente de se rappeler pourquoi elle est là. Son récit la ramène quelques jours en arrière : elle est en vacances à la campagne avec sa fille Nina et rencontre Carla, la mère de David, qui habite dans le coin. Carla revient elle aussi en arrière, récit dans le récit, racontant le malheur qui les a touchés, David et elle. Qu’est-ce qui a bien pu se passer alors ? Quelle menace plane encore ? Pourquoi David est-il à ce point obsédé par les vers ? Et où est passée Nina ? Toxique ne gâche aucun mot : chaque phrase enfonce un peu plus le récit dans un malaise inéluctable et qu’on sent pourtant poindre très vite. Les non-dits, les nombreuses questions auxquelles David refuse de répondre, ancrent encore plus Toxique dans une angoisse poisseuse. À la fin, on ne comprend plus trop, ou alors on préfère ne pas.