J'ai vraiment passé un bon moment à découvrir Anno 1800. Nous étions une demi-douzaine de journalistes, assis en rang d'oignons, chacun devant un PC. À ma droite, un Allemand, sans doute né devant un Anno (il paraît que le jeu est installé dans les couveuses des maternités, là-bas). Nous cliquons sur new game au même moment, et mon cerveau passe en mode junkie du jeu de gestion. J'installe six maisons de fermiers. Je vérifie leurs besoins : des vêtements, du poisson et un marché. Je construis à la vitesse d'un pro-gamer coréen les bâtiments nécessaires. Les raccourcis clavier sont les mêmes que dans les épisodes précédents, l'interface est limpide, ça n'est ni plus ni moins qu'un Anno 1404 (le meilleur épisode de la franchise, à mon humble avis) avec trois siècles de plus au compteur. Une fois mes fermiers heureux, ils entament leur ascension sociale vers le rang de travailleurs et peuplent les premiers bâtiments industriels (fabrique de briques, usine à saucisses et à savon...). Au bout de dix minutes, j'avais déjà une petite ville magnifique de 200 âmes. Je jette un œil à mon voisin allemand. Le pauvre semble perdu. Une des développeuses de Blue Byte tente de lui faire comprendre les bases du jeu. Puis elle vient voir si j'ai besoin d'aide. Elle marque un temps d'arrêt devant la taille impressionnante de ma bourgade et le placement optimisé de chaque structure productive. Nos regards se croisent. Je lui dis « Ja, ich bin ein Annoholic seit 1998 ». Elle sourit. Ce fut un très beau moment, plein d'humanité et de respect mutuel.