Les fantasmes de puissance démesurée, ce n'est pas vraiment pour moi. J'y vois la raison principale pour laquelle Generation Zero m'a scotché. Déjà, le jeu se déroule dans les années 1980 en Suède. Dans une Suède vidée de tout habitant, qui plus est. Difficile de se taper un power trip en Suède. On va impressionner qui, avec un arsenal surpuissant ou des super-pouvoirs ? Des élans ? Des hangars à bateau ? Et puis l'arsenal surpuissant, il faudrait déjà mettre la main dessus. En une demi-douzaine d'heures sur la bêta de Generation Zero, je n'ai mis la main que sur un flingue pourrave et un fusil à pompe rouillé qui devait compter des nazis à son tableau de chasse. Je sais bien que ça a l'air nul comme ça, sur le papier : être largué en pleine cambrousse avec zéro personne à des kilomètres à la ronde, sans vraie arme et avec pour seule perspective d'explorer des hameaux déserts, moi non plus ça ne me tractionne pas le céleri. Mais imaginez : par une nuit d'encre, vous fouillez une maison isolée dont les propriétaires sont partis en catastrophe en laissant toutes les lumières allumées. Vous videz la pharmacie pour trouver des bandages. Puis, au loin, vous apercevez une lueur rouge et bleue qui troue l'obscurité. Les gyrophares d'une voiture de police, abandonnée en travers d'une route de campagne. Vous sortez de la baraque pour aller fouiller le coffre de la bagnole, mais soudain quelque chose vous arrête net : le laser rouge d'un chien robot aux aguets qui scanne les environs. Planqué dans un buisson, vous comptez les quelques balles de fusil qu'il vous reste en vous demandant si le jeu en vaut la chandelle. Si vous êtes comme moi, c'est là que Generation Zero vous happe pour de bon.