Deux plumes règnent sans conteste sur le journalisme judiciaire hexagonal, depuis maintenant des années : Pascale Robert-Diard, au Monde, et Stéphane Durand-Souffland, au Figaro. À eux deux, ils forment les « Beatles de la chronique judiciaire ». Pascale Robert-Diard joue le rôle de McCartney, toute en douceur et en humanité, pour raconter des chagrins d'une simplicité bouleversante. Stéphane Durand-Souffland, lui, est comme John Lennon, plus abrasif, plus ironique, plus féroce, quand il retaille un costume à tous les acteurs d'un procès. Dans Jours de crimes, pour la première fois, les deux journalistes rassemblent plusieurs de leurs chroniques, et le résultat sonne comme un album du groupe de Liverpool : chacun, dans son rôle, est formidable, mais jamais autant que quand ils échangent les casquettes, quand Pascale Robert-Diard devient ironique ou quand Stéphane Durand-Souffland évoque la douleur d'une famille qui a tout perdu. C'est un livre qui se lit vite, facilement, mais qui fait entrer le lecteur à l'intérieur de toutes les salles d'audience comme aucun autre avant lui.