D'emblée, les kilos de textes sur l'histoire du mousquet Enfield M1853 ou du 33e régiment de Virginie laissent peu de place au doute : dans War of Rights, la reconstitution historique est une affaire sérieuse. Par bonheur, cette rigueur ne se limite pas à des notices Wikipédia reproduites sur fond sépia : les décors, les uniformes et même les animations du jeu ont bénéficié d'un travail minutieux (appuyer sur R pour recharger ne résulte pas en un bête mouvement de main mais en une série de gestes vachement précis et détaillés). Résultat, War of Rights ressemble souvent à l'idée qu'on se fait de la guerre de Sécession – l'échelle des combats mise à part, puisqu'à cinquante contre cinquante en moyenne, on ne revit pas tout à fait Gettysburg. Il y a les blessés qui tombent en hurlant, les fusillades qui créent une fumée épaisse, les champs boueux que trente soldats traversent au pas de charge. Qu'importe si les cartes se ressemblent toutes, si les temps de chargement sont odieux, si un seul serveur est peuplé aux heures de pointe et que son emplacement sur la côte Pacifique nous donne 180 de ping : une fois dans une partie, il n'y a plus qu'à se laisser porter par cette ambiance.