J'suis flic. Je sais pas grand-chose de plus, sans doute parce que je me suis réveillé amnésique, la tête sur le sol d'une chambre d'hôtel, encore sonné par une nuit de beuverie monstrueuse. J'suis flic, ça, j'en suis sûr, parce que les gens de l'hôtel ne semblent pas ravis que mon enquête piétine. Quelle enquête ? Ben, j'en sais foutrement rien, il va falloir que je leur demande, même si je sens que ça va les irriter. J'suis flic, mais j'ai de l'ambition. Une voix dans ma tête m'a même soufflé que j'étais sans doute une superstar, et c'est logique, parce que les superstars aussi s'endorment dans leur vomi après avoir trop bu. Du coup, quand un autre client de l'hôtel me demande mon nom, je lui réponds que je suis le héraut de la ruine. Voilà, ça ne fait même pas dix minutes que je joue à Disco Elysium, mais je me suis déjà construit un personnage. Il faut dire que tout, dans ce jeu, sert d'outil pour approfondir notre rapport au héros et l'emmener dans une direction qui nous intéresse. On choisit une option de dialogue parce qu'elle nous fait marrer, certains de passer à autre chose dès la réponse suivante, et hop ! Le jeu saisit la balle au vol, creuse cette histoire de superstar, la note quelque part pour nous la resservir plus tard. Dans ce cas précis, il nous proposera même de jeter les dés pour voir si on arrive à afficher un sourire séducteur.