Dépourvu de nom, le dernier album de Rammstein démarre sur « Deutschland ». Pendant cinq minutes, le groupe effectue une parfaite démonstration de son savoir-faire : ça chante fort, ça percute et on se demande si la bande à Lindemann n'aurait pas enfin renoué avec son style martial. Du grand Rammstein qui continue avec « Radio », second titre qui prouve une fois de plus que ce groupe est constitué d'artistes complets avec cet air (et surtout ce clip) qui télescope le Neue Deutsche Härte avec Klaus Nomi. Puis plus rien. La suite de l'album n'est qu'un enchaînement de pistes qui semblent accouchées trop tôt, au point de donner l'impression de tomber en panne. La plupart se terminent sèchement, comme si le groupe voulait s'en débarrasser. Bilan des courses : dix années d'attente pour deux titres valables sur onze, voire trois si on retient « Puppe » dont le trip expérimental et déstructuré vaut quand même le détour. Impossible dans ces conditions de pardonner des erreurs de casting grossières, comme « Ausländer » qui semble taillé pour le combo dancefloor-lunettes Gucci ou encore « Tattoo », qui ressemble bizarrement à un remix de « Hallelujah ». D'un grand consommateur de gasoil qui semait le feu sur son passage, Rammstein est aujourd'hui réduit à rouler sur la réserve.