Rassurez-vous, je ne vais pas vous révéler la géniale fin de The Longing. Ou plutôt les fins, car il y en a cinq : l'une bien sûr qui consiste à attendre le réveil du roi (rappelons que le seul et unique but du jeu est d'attendre 400 jours qu'il sorte de son sommeil) et quatre autres cachées, qui nécessitent d'explorer le royaume souterrain et permettent, pour le meilleur ou pour le pire, de parvenir beaucoup plus vite à une conclusion – le record mondial de speedrun est de 2 heures, 3 minutes et 11 secondes. Je vais par contre vous révéler ce qui se passe après la fin : rien. Le jeu est achevé pour de bon et, si vous tentez de le relancer, un message « L'attente est terminée » apparaît au milieu de l'écran, vous laissant comme seule option de cliquer sur la petite croix en haut à droite de l'écran et de quitter le jeu. Son créateur, Anselm Pyta, a en effet souhaité que The Longing soit une aventure à usage unique, afin que sa conclusion ait le caractère définitif, et l'impact émotionnel, d'une décision réelle. Car chacune des fins de The Longing, non contente d'être marquante, est également la conclusion parfaite, mais jamais pleinement satisfaisante, de la façon dont le joueur a choisi de faire face à l'absurdité de sa condition : obéir, fuir, se tuer, s'endormir et rêver...

Cela dit, si ce n'est même pas pour révéler ses différentes fins trois mois après la sortie, pourquoi écrire un « On y joue encore » sur un jeu auquel il est impossible de rejouer ? Parce que, comme a fini par répondre Anselm Pyta sur les forums Steam du jeu, à une personne qui lui demandait s'il était possible de recommencer une partie, « malheureusement oui, car je n'ai aucun moyen technique d'empêcher les gens de le faire ». Pris de pitié pour les pauvres bougres obligés d'effacer leurs sauvegardes et de désactiver la synchro Steam, il a fini par cacher l'option à l'intérieur du jeu lui-même : attendez une dizaine de minutes sur l'écran de fin, et votre partie sera réinitialisée.