Certes, Door Kickers n'était pas un FPS et sa « production value », comme on a coutume de dire avec mes amis diplômés de l'école de commerce de Montfroc-sur-Yvette, laissait à désirer. Des graphismes 2D d'une qualité relative, une perspective top-down toute statique à la Hotline Miami, rien de bien folichon. Mais qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait le 9×19mm parabellum : le gameplay de Door Kickers, à la fois simple et très élégant, l'a immédiatement catapulté au sommet du palmarès des meilleurs jeux de tactique. Contrairement à la plupart de ses concurrents, plus ou moins inspirés de X-COM, dans lesquels on exécute les actions tour après tour avec une méticulosité de comptable suisse, et qui peinent à retranscrire le caractère chaotique d'un raid armé, Door Kickers se jouait en temps réel. Du bout de la souris (ou du doigt dans l'un des excellents portages sur tablette), on traçait le chemin que chaque soldat devait suivre, qu'on parsemait d'ordres (ici lancer une grenade aveuglante, là faire sauter une porte avec une charge explosive...) avant d'appuyer sur « play » et de regarder ses petits soldats nettoyer des pièces entières avec la maestria d'une équipe du GIGN – ou se faire massacrer comme des merdes par un pauvre type armé d'un fusil rouillé, mais bon, c'est la vie. S'il était possible de tracer tout le plan d'un coup et de regarder son exécution entière en mangeant du popcorn, il était recommandé, bien que moins élégant, de passer régulièrement le jeu en pause d'une pression sur la barre espace pour donner de nouveaux ordres à ses troupes et adapter leur approche à l'évolution de la situation – c'est-à-dire, neuf fois sur dix, à l'arrivée de trois guignolos armés de kalash dans leur champ de vision.