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Jeu: Urtuk : The Desolation
Genre: tactique
Developpeur: David Kaleta (Slovaquie)
Editeur: David Kaleta
Plateformes dispo: PC Windows, Mac, Linux
Plateforme test: PC Windows
Langues: anglais, franglais
Config: carte graphique dédiée requise
Telechargement: 606 Mo
Prix: 19 €
Drm: Steam ou aucun sur GOG.com
Date de sortie: 27/02/2021
Si vous lisez ces lignes alléché par la perspective d’un Darkest Dungeon 2 avant l’heure, écrasez le frein, y'a méprise : Urtuk : The Desolation est un tactical, comme on dit dans la langue d’Eminem. On y gère une petite troupe de va-nu-pieds qui explorent un monde sans foi ni loi et se retrouvent à combattre des pillards et des monstres sur un damier d’hexagones. Les combats au tour par tour ne recèlent pas de grosses surprises pour les habitués du genre : il y a une stat' d’initiative qui dicte l’ordre des tours, des compétences pour pousser les ennemis d’un coup de bouclier, des cases surélevées qui donnent un bonus de précision... La routine, quoi, à ceci près qu’une myriade de classes de perso donne à chaque combattant un rôle et un style de jeu différents : les javeliniers peuvent creuser un hexagone pour interdire le passage, les gardiens ont une compétence pour s’interposer quand leurs alliés proches sont visés, les berserkers ripostent à chaque fois qu’on les attaque, et ainsi de suite. Du coup, recruter un allié signifie presque toujours débloquer de nouvelles possibilités tactiques, ce qui est fort chouette.

Une direction artistique impeccable façon cartoon gore et crasseux.

L’Urtuk entre deux chaises.

Hélas, si les batailles sont tout à fait satisfaisantes (malgré une interface laide et quelconque), le monde qui leur sert d’entracte manque cruellement de relief. On y clique sur des endroits pour faire avancer notre groupe, mais à part des villages que l’on peut attaquer pour piller des ressources, il n’y a aucune mécanique un poil complexe et aucune activité annexe qui empêcherait la partie de devenir monotone, contrairement à un Battle Brothers par exemple. Quelques événements aléatoires tentent bien de donner le change, mais une traduction française hasardeuse les rend imbitables, et puis de toute façon ils se soldent toujours par un énième combat. Tout ça rappelle un jeu qui viendrait de débarquer en accès anticipé, sauf que Urtuk : The Desolation est bel et bien sorti et n’aura pas droit à plusieurs années de développement intensif pour s’étoffer davantage. Dommage, parce que le manque de variété est tellement criant qu’il n’arrive pas à être compensé par la grande trouvaille du jeu en matière de mécaniques : les mutators, ces objets que l’on peut équiper sur chaque perso et qui changent la façon de les jouer, en leur conférant de nouvelles capacités ou de puissants bonus. Une idée excellente pour pimenter la progression des combattants, mais un peu vaine quand elle est intégrée à un jeu qui irradie la répétitivité.

Fallout : New Dégueulasse.

Il reste cependant un atout à Urtuk : The Desolation : sa direction artistique impeccable façon cartoon gore et crasseux, avec des personnages soigneusement détaillés et dégueus à souhait avec leurs pustules et leurs moignons sanguinolents. Le style et les animations en paper doll rappellent furieusement Darkest Dungeon, mais bon, je ne suis pas de la douane et les contrefaçons ne me chagrinent pas plus que ça… sauf sur l’écran d’inventaire, le seul écran d’interface un peu travaillé d’Urtuk, dont le design est à ce point copié sur le jeu de Red Hook qu’il m’a mis mal à l’aise. Saluons plutôt l’inventivité et la beauté des décors, qui arrivent à trouver une richesse et une variété insoupçonnées dans ce qui n’est rien d’autre, après tout, qu’un désert post-apo' médiéval. Il y a des statues-cadavres, des pieux rouillés, des monuments macabres, des plantes putrides et tout un tas d’environnements très différents les uns des autres, alors que tout est en nuances de brun, de gris et de vert. C’est ce niveau de maîtrise-là dont je vais me rappeler quand je repenserai à Urtuk, plutôt que son aventure monotone et ses hommages trop appuyés.

Notre avis

Izual le 28 mars 2021

| Modifié le le 25 mai 2021

Très attirant avec son univers sordide et inventif, Urtuk : The Desolation propose de surcroît des combats fort réussis, ce qui aurait dû lui faire tutoyer les plus hautes notes de ce magazine. Hélas, une traduction bâclée, une interface peu soignée et un monde trop fruste lui confèrent un côté « accès anticipé » intolérable pour un jeu en version finale.