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Jeu: Legendary Gary
Genre: bonne question
Developpeur: Evan Rogers (États-Unis)
Editeur: Evan Rogers
Plateformes dispo: PC Windows
Plateforme test: PC Windows
Langues: anglais
Config: n'importe quel PC
Telechargement: 360 Mo
Prix: 15 €
Drm: Steam
Date de sortie: 20/02/2018
Jusqu'à Legend of the Spear, la vie de Gary était plutôt bien rangée. Sa routine quotidienne était un peu tumultueuse, certes, mais n'en restait pas moins une routine. Commencer par écouter sa maman délirer sur la fin du monde (une secte lui a retourné le cerveau), enchaîner avec un boulot inepte au supermarché du coin, discuter avec sa petite amie déterminée à se barrer de ce trou à rats puis finir la journée sur des jeux de rôle dans la cave, histoire de se vider la tête. Une vie loin d'être idyllique, mais une vie tout de même : supportable, paisible et plutôt banale. Sauf qu'un jour, Gary trouve sur le pas de sa porte un code Steam pour un étrange jeu de rôle, Legend of the Spear.

Un jour, Gary trouve sur le pas de sa porte un code Steam pour un étrange jeu de rôle, Legend of the Spear.

Je veux juste une dernière lance.

À première vue, Legend of the Spear tient du jeu d'aventure lambda, à mi-chemin entre jeu de rôle et jeu narratif. C'est l'histoire d'un guerrier qui part à la recherche d'une lance surpuissante afin de sauver son royaume envahi par un être maléfique. Soyons clairs, je suis en train de vous faire un résumé grossier, là : comme Legendary Gary alterne les phases où l'on suit Gary dans sa vie quotidienne (en l'aidant parfois à opérer les bons choix de dialogue) et les phases où l'on joue directement à Legend of the Spear, il serait trop long de vous décrire minutieusement tout ce qui se passe dans le jeu. Je vais me contenter de vous dire que Legend of the Spear se déroule dans un monde onirique fait de portails magiques, de monstres niais, de sbires malfaisants et d'empires peuplés d'humanoïdes bizarres. On y croise des arbres géants, des dieux enchaînés, des cités bâties sur des dinosaures majestueux et des personnages aussi rusés que mystérieux. Imaginez donc à quel point Gary est secoué lorsqu'il se rend compte que des liens subtils existent entre son univers et celui du jeu.

La copine de Gary lui sort mot pour mot une phrase qu'avait prononcée l'un des personnages de Legend of the Spear.

Lézard, vous avez dit lézard ?

Le malaise commence assez tôt, quand la copine de Gary lui sort mot pour mot une phrase qu'avait prononcée l'un des personnages de Legend of the Spear. Le phénomène se répète plusieurs fois, sans qu'on sache trop s'il s'agit d'autre chose que d'un hasard. Puis Gary, de corvée de jardinage, se met à planter des fleurs qui lui donnent des pouvoirs spéciaux lors des combats au tour par tour de Legend of the Spear. Ses amis camés, qui tripotent une guitare sans trop y penser, lui fournissent une mélodie qui apaisera un démon amateur de harpe. Legend of the Spear exerce un pouvoir de plus en plus grand sur le quotidien de Gary. Ou peut-être que c'est le quotidien de Gary qui exerce un pouvoir de plus en plus grand sur le monde de Legend of the Spear. La patronne tyrannique du supermarché lui confie des tâches spéciales qui ressemblent à des quêtes de jeu de rôle. La reine des hommes-lézards le somme de trouver le traître dans son entourage, et le pauvre Gary ne pourra que lui livrer le nom de l'employée qui a défié sa boss en montant un syndicat dans la grande surface. On se rend vite compte que l'aventure n'est pas aussi linéaire qu'elle le paraît, et que les décisions prises par Gary dans l'un ou l'autre univers influent sur son quotidien par la suite.

Garyra bien qui Garyra le dernier.

Au bout d'un moment, Gary pose enfin tout haut la seule question qui vaille : « Est-ce que Legend of the Spear a un vrai pouvoir, ou est-ce que c'est un tour de passe-passe ? » La réponse, à vrai dire, n'a pas grande importance. Ce qui compte, c'est de passer les petites cinq heures que dure le jeu à douter en compagnie de Gary. Et, peut-être, à regretter l'absence de rythme de Legend of the Spear, qui se repose un peu trop sur des combats sans grand intérêt. Son scénario, volontairement caricatural, aurait lui aussi gagné à faire preuve d'un peu plus d'ambition. Du coup, les décors dessinés à la main et la musique pop-funk de mauvaise discothèque d'ex-URSS profitent surtout aux phases où l'on contrôle Gary dans son milieu naturel. Leur atmosphère unique, doucement surréaliste, nous pousse à nous demander chaque jour, avec un intérêt croissant, quelles nouvelles étrangetés viendront perturber le quotidien de Gary. D'autant que ces passages ont quelque chose de rassurant si vous vous inquiétiez de passer trop de temps à jouer à des jeux de rôle : tant que vous n'avez pas eu à livrer le syndicaliste de votre boîte à la souveraine des reptiles, vous avez de la marge.

Notre avis

Izual le 5 mars 2018

| Modifié le le 25 mai 2021

J'ai beau l'avoir terminé en pleine possession de mes moyens, je ne saurais toujours pas vous dire ce qu'est précisément Legendary Gary. Une aventure narrative drôle et touchante ? Un jeu de rôle délicieusement vieillot ? Un commentaire sur le capitalisme ? Le clip sous acide d'un chanteur de funk qui fait un AVC ? Sans doute un peu de tout ça à la fois. La seule chose dont je sois sûr, c'est que Legendary Gary est unique.