Un problème se posera rapidement, surtout si vous vivez avec plusieurs personnes : la gestion des interrupteurs. Le premier point, à ne pas oublier : une ampoule connectée a besoin d'être alimentée en permanence. Vous pouvez bien évidemment décider que la consommation de la partie sans fil (négligeable et impossible à mesurer facilement) est une honte et passer par les interrupteurs classiques après chaque utilisation, mais vous ne pourrez pas allumer l'ampoule avec votre smartphone, assistant ou interrupteur connecté. De même, vous obtiendrez une erreur de l'application et les automatisations éventuelles ne fonctionneront pas. Enfin, en fonction des modèles, un allumage à froid peut amener un comportement énervant : elles n'offrent pas toutes de récupérer l'état précédent et vous risquez de récolter du blanc par défaut à 100 % - en cas de coupure de courant, si vous avez éteint les ampoules logiciellement, c'est encore pire : toutes les lampes se rallument. Un plaisir, surtout au milieu de la nuit -. Il n'existe malheureusement pas de solution miracle pour régler ce défaut, inhérent aux ampoules connectées, mais nous vous proposons quelques palliatifs.

Le but des ampoules à écosystèmes : fonctionner avec une indépendance relative.

L'écosystème Aqara dépend de ce pont de connexion.
Certaines applications permettent de régler le comportement au démarrage.
la classique télécommande Philips Hue. Un peu cheap, mais pratique.
Premièrement, il suffit de passer uniquement par l'assistant vocal ou l'application pour gérer l'allumage. Si ce choix semble évident sur le papier, il ne l'est pas : vous n'éviterez pas les invités qui pressent l'interrupteur, les coupures de la connexion, et cette voie suppose que tous vos appareils accèdent aux ampoules. Ce n'est malheureusement pas si simple : vous ne voulez pas nécessairement partager vos identifiants et toutes les applications ne permettent pas l'accès aux invités. En réalité, ce choix ne sera valable que pour les personnes seules ou pour quelques lampes d'ambiance, mais absolument pas pour éclairer totalement un logement.
Deuxièmement, les écosystèmes. Nous en avons testé trois à base de ZigBee : Hue, Trådfri et Aqara. Vous pouvez bien évidemment utiliser les plateformes domotiques (comme Jeedom, par exemple) mais la mise en place demande plus de connaissances et nous aborderons ces solutions plus largement dans un autre Canard PC Hardware. Ils gèrent vos ampoules mais aussi des accessoires qui permettent de les contrôler de différentes façons. Il peut s'agir d'interrupteurs, de détecteurs (mouvement, température, etc.) ou tout simplement d'automatisations (routines) définies. Le but, en réalité, est d'obtenir un environnement capable de fonctionner avec une indépendance relative : l'absence de connexion à Internet ou un service en panne pour un assistant ne devrait pas vous empêcher d'allumer ou éteindre chez vous, du moins en théorie. Si la solution est élégante sur le papier de ce magazine, elle pose tout de même quelques problèmes. Le souci des interrupteurs physiques demeure, même si la possibilité de les condamner (physiquement en les forçant sur ON ou avec des caches) existe. Ensuite, le coût risque d'être élevé : la moindre télécommande vaut entre 10 et 20 €, et les interrupteurs connectés dépassent souvent les 60 € quand ils ressemblent à un modèle classique. Dans les trois grands écosystèmes, celui de Philips offre clairement le plus de choix et l'utilisation la plus simple. Si le ZigBee est en théorie un standard, les soucis de compatibilité existent (en partie à cause de l'implémentation de Philips, d'ailleurs) et prendre des produits Hue reste le meilleur moyen de les éviter. Pour quelqu'un qui possède quelques connaissances et n'a pas peur de chercher sur Google et de taper des lignes de commande, ce n'est en revanche pas obligatoire, et différents accessoires non certifiés peuvent se dégotter à bas prix.

Le cas des variateurs

En plus de l'obligation de garder les ampoules alimentées, il faut supprimer les variateurs (dimmer). Certains fabricants l'indiquent explicitement, d'autres ne le font pas directement, mais dans tous les cas, les ampoules connectées ne l'acceptent pas. Sur les LED standard, la compatibilité peut exister mais n'est pas généralisée. Et même dans ce cas, un réglage trop faible empêche l'ampoule de s'allumer ou la fait scintiller. La solution ? Passer par des ampoules connectées. CQFD.

L'interopérabilité.

Si vous prenez du Wi-Fi ou du Bluetooth, vous risquez de rester bloqué dans un environnement, une application. Les ampoules Wi-Fi ne sont pas standardisées et chaque marque dispose de son protocole propriétaire, tout comme pour le Bluetooth. Mais en ZigBee, le standard est bien implanté et certains fabricants en profitent. Lors de nos tests, deux sociétés vendent des ampoules ZigBee utilisables avec leur propre pont de connexion, mais aussi avec ceux de Philips, IKEA ou Amazon. En théorie, c'est absolument génial, et tout le monde chante main dans la main. En pratique, il faut souvent passer par un reset complet et ses manipulations ésotériques, avec quelques pertes au passage. Typiquement, les ponts ne permettent pas le contrôle des ampoules compatibles via HomeKit (les joies des bridages d'Apple), les réglages sur le fonctionnement à l'allumage peuvent ne pas être disponibles. De même, n'espérez pas configurer les accessoires comme les télécommandes. Pour les tests, nous n'avons choisi qu'un cas de figure : la connexion d'une ampoule tierce à un pont Philips Hue. Premièrement parce qu'il s'agit du modèle le plus connu et le plus courant, deuxièmement parce qu'acheter des ampoules Philips (plus onéreuses) pour les relier à un pont IKEA, INNR ou Aqara a peu de sens. Cette interopérabilité permet surtout d'intégrer des ampoules à bas prix dans un environnement Hue, pour réduire la facture finale tout en gardant l'écosystème le plus complet actuellement.

La remise à zéro nécessite des manipulations semblant issues du film Les Visiteurs.

Mise à jour de firmware en cours.
Une méthode de remise à zéro.
Les ampoules IKEA marchent sur le pont IKEA (en photo) ou avec un pont Hue de chez Philips.

Have you tried turning it off and on again ?

Parlons justement de la remise à zéro. Cette affreuse remise à zéro. Que ce soit en Wi-Fi, en Bluetooth ou en ZigBee, elle va vite vous énerver. Elle nécessite souvent des manipulations qui semblent issues du film Les Visiteurs : vous allez devoir éteindre et allumer un certain nombre de fois (qui dépend du fabricant) avec un timing précis, là aussi variable. Et dans certains cas, nous avons dû sortir le chronomètre pour être synchrones : si vous n'avez pas le rythme, vous allez souffrir. Il existe parfois une seconde voie qui passe par une télécommande ZigBee (sur les ampoules compatibles) mais elle possède un défaut : si vous avez d'autres ampoules, il y a un risque non négligeable que l'opération fasse une remise à zéro de la mauvaise ampoule.

Le firmware.

Un autre truc très énervant reste à évoquer : la mise à jour du firmware. Dans pratiquement tous les cas, nous avons dû mettre à jour le logiciel des ampoules et des accessoires (pont, télécommande, etc.). Il s'agit de la partie la moins user friendly du dossier et pourtant la connexion elle-même peut être très agaçante. La mise à jour peut prendre beaucoup de temps, planter, nécessiter de rapprocher l'ampoule d'un pont (dans le cas du ZigBee) et parfois ne pas s'effectuer sans raison valable.