Avant de parler de la partie connectée, commençons par un petit rappel sur les ampoules et l'éclairage en particulier. Nous allons évacuer directement un sujet important, celui de la lumière bleue. Nous avons traité ce point dans Canard PC Hardware 33 et notre dossier est en ligne pour les abonnés. Pour résumer le consensus scientifique actuel, la lumière bleue n'est pas un problème dans un environnement normal (en clair, ne fixez pas une ampoule réglée sur du bleu vif pendant des heures, mais nous supposons que vous n'allez pas faire ça) et le seul effet physiologique éventuel risque d'être des insomnies si vous utilisez un smartphone dans votre lit.

Le but de ces ampoules : créer des ambiances et simplifier leur gestion.

Les premières ampoules connectées Hue, avec un pont rond et un corps argenté, en 2012.
Le luxmètre.
Une sonde colorimétrique

C'est un truc de geek !

Question immanquable quand on parle d'ampoules connectées : « Mais à quoi ça sert ? » Premièrement, à créer des ambiances. Vous pouvez choisir une couleur (dans les cas des RGB), ajuster finement la luminosité (car les variateurs fonctionnent rarement avec les ampoules LED) ou passer d'un blanc chaud, chaleureux, à un plus froid pour du travail sérieux. Deuxièmement, à simplifier la gestion. Un interrupteur connecté permet d'activer plusieurs lampes en une seule fois, une routine automatisée allume une ampoule à une heure précise, un détecteur de mouvement met une lumière tamisée si vous allez aux toilettes au milieu de la nuit. Troisièmement, à entrer dans le futur avec le contrôle à la voix. Au lieu de lancer une application, d'appuyer sur un bouton, il suffit de dire Alexa/OK Google/Dis Siri (rayez la mention inutile) et de demander ce que vous voulez. Avec de la chance, l'assistant comprendra. Tout ceci semble un peu gadget, mais vous pourrez difficilement vous en passer une fois que vous aurez essayé.

Les résultats d'un test.

Pour y voir clair.

Le dossier porte sur des ampoules E27 (à visser) avec les trois variantes classiques : le blanc, le blanc réglable et la couleur. Elles ont toutes été mesurées sur différents points techniques. Premièrement, la température de couleur (en Kelvin). Une ampoule standard atteint 2 700 K, le blanc chaud équivaut à ce que généraient les modèles à incandescence. La majorité des produits testés proposent cette valeur, mais certains démarrent par défaut sur une température plus élevée, donc avec un blanc plus froid. Pour vous donner une idée, le blanc neutre se trouve entre 3 000 et 4 000 K et le blanc froid (qui se rapproche de la lumière du soleil en extérieur) vers 6 500 K. Dans les tests, nous indiquons la température annoncée et celle effectivement mesurée à l'allumage. Deuxièmement, l'IRC (Indice de Rendu des Couleurs). Une valeur 100 (le maximum) fournit un rendu parfait, et une ampoule offre un bon résultat avec un IRC supérieur à 90, un mauvais sous 80. Nous avons obtenu un score aux environs de 85 à 2 700 K dans beaucoup de cas, un peu plus de 90 au mieux. Attention, un IRC médiocre va perturber votre ressenti : vous ne verrez pas certaines couleurs avec la teinte réelle. Troisièmement, la luminosité. Les constructeurs indiquent une valeur en lumen ANSI, qui – en schématisant – se calcule en imaginant une sphère de 1 mètre de surface autour de l'ampoule. En pratique, nous vous donnons ici la valeur en Lux mesurée à 30 cm de l'ampoule, qui offre une bonne approximation (un rien plus élevée). La luminosité annoncée est habituellement de 800 lumens, ce qui est suffisant pour une petite pièce, et si vous voulez illuminer une surface plus grande (un salon par exemple), nous vous conseillons de chercher des modèles plus puissants ou d'en placer deux. Enfin, nous avons mesuré la consommation en watts à la prise, en réglant la luminosité maximale à 2 700 K. Les ampoules LED « équivalent 60 W » tirent généralement 8 à 10 W et nos résultats n'indiquent pas de grosses variations.

Sans fil à la patte.

À présent, parlons technique, car la technologie utilisée pour la communication avec les ampoules va définir votre façon de profiter de ces dernières. Vous trouverez essentiellement trois possibilités : le Wi-Fi, le Bluetooth et le ZigBee, même s'il faut noter que certaines proposent plusieurs solutions (ZigBee et Bluetooth, par exemple) et que les éventuels ponts de connexion peuvent passer par une norme différente de celle des ampoules.

La Le Wi-Fi.

Les ampoules Wi-Fi semblent être les plus intéressantes : la technologie est connue du grand public, largement déployée dans les foyers, rapide. Malheureusement, la mise en place n'est pas évidente : elles ne possèdent pas de clavier pour entrer le mot de passe ni étonnamment de WPS. La méthode classique consiste à laisser l'ampoule émettre son propre réseau Wi-Fi et à connecter un smartphone dessus pour modifier la configuration ; on a vu plus pratique. Le Wi-Fi consomme aussi un peu plus que les autres normes, même si la différence reste minime. Petit point à prévoir, les ampoules – comme énormément d'objets connectés – ne supportent généralement que la bande des 2,4 GHz, souvent saturée. Enfin, le Wi-Fi relie de facto votre ampoule à Internet, ce qui peut être vu comme une faille de sécurité dans l'absolu. La technologie possède deux gros avantages : une portée élevée et une intégration simple sans matériel supplémentaire, car nous supposons (comme les fabricants) que vous disposez d'un réseau Wi-Fi chez vous.

La technologie utilisée pour communiquer avec les ampoules va définir votre façon d'en profiter.

La Dent Bleue.

Certaines ampoules connectées utilisent le Bluetooth, qui possède quelques avantages. Premièrement, la technologie ne permet pas de se connecter à Internet, ce qui élimine un souci de sécurité. Ensuite, le Bluetooth ne nécessite qu'un smartphone : pas besoin de réseau Wi-Fi, de pont, etc. Enfin, le coût et la consommation sont faibles. Mais ce choix amène d'autres inconvénients : une portée qui atteint rarement plus de quelques mètres, des problèmes de compatibilité (il faut souvent un périphérique Bluetooth LE/4.0) et une interactivité limitée : les automatisations ou le contrôle imposent de se trouver à proximité de l'ampoule, que ce soit pour le smartphone ou l'assistant vocal en cas de connexion directe.

ZigBee, il s'appelle ZigBee 🎵.

Les kits un peu évolués (Hue, Aqara, Trådfri, etc.) passent par une norme dédiée à l'éclairage et aux objets connectés de façon plus large, le ZigBee (IEEE 802.15.4). De loin, ça ressemble à un cauchemar : les ampoules doivent communiquer avec un périphérique (souvent le pont), qui doit ensuite être relié au réseau de l'utilisateur (en Ethernet ou en Wi-Fi) pour un contrôle depuis un smartphone. Mais en réalité, le ZigBee offre de bien meilleures performances. La portée demeure bien plus grande qu'en Bluetooth malgré une bande de fréquence proche (2,4 GHz en Europe) et le fonctionnement en maillage augmente cette dernière, ainsi que l'efficacité. Chaque appareil peut relayer le signal d'un autre, pour amener les commandes au pont sans être à portée directe. Et plus vous possédez de périphériques, plus le réseau sera fiable. Enfin, l'utilisation d'un pont intelligent permet de gérer les automatisations sans machine dédiée et sans relier les ampoules à Internet, pour une interaction assez efficace avec les plateformes de domotique et les autres objets connectés. Bien évidemment, et nous y reviendrons, le ZigBee amène tout de même quelques défauts. Le premier vient du surcoût matériel (comptez 30 à 60 € pour un pont) et la mise en place, plus compliquée. Le second de l'interopérabilité, assez perfectible. Si le ZigBee est un standard, certaines marques – comme Philips avec les Hue – limitent la compatibilité entre les produits.