Développeur : Grasshopper Manufacture (Japon)
Éditeurs : Spike, 505 Games
Date de sortie : 2004 (Japon), 2005 (Europe)
| Modifié le le 16 septembre 2023
Sorti en 2004, Michigan : Report from Hell est un survival horror oublié de la PS2, de ceux qu’un archéologue du futur pourrait exhumer en se disant qu’il s’agit probablement de l’artefact qui a signé la fin de notre civilisation. C’est aussi un titre qui a le mérite d’annoncer très rapidement la couleur : c’est un énorme nanar avec la subtilité d’une enclume surmontée d’un éléphant, lui-même dominé par une armoire blindée et un piano à queue.
Classé Z.
Développé par le studio japonais Grasshopper Manufacture (plus connu pour Killer 7 et la franchise No More Heroes, et fondé par l’inénarrable Goichi « Suda51 » Suda), le jeu paraît en 2004 au Japon – avant d'être distribué en Europe l’année suivante. Michigan n’est jamais sorti aux États-Unis, notamment parce que Sony considérait que son gameplay était « trop minimal », comme l'a révélé un entretien publié chez GamaSutra, et c’est un euphémisme. L’essentiel du jeu (qui dure à peine plus de quatre heures) consiste à filmer des éléments du décor – une corbeille à fruits, un livre posé sur le lit d’une chambre d’hôtel, un monstre qui s’apprête à dévorer une présentatrice – et à zoomer dessus, même si vous pouvez aussi occasionnellement foncer contre un élément précis.Michigan : Report From Hell déploie les pires comme les meilleures idées, mais surtout les pires.
Nu à la télé.
C'est tout le drame de Michigan : il déploie les pires comme les meilleures idées, mais surtout les pires, et mérite amplement son statut de nanar. Le jeu est particulièrement problématique par moments, les dialogues sont extrêmement mal écrits et doublés, la synchronisation labiale est catastrophique, les cris d'horreur confinent au grotesque et les moments d’émotion tournent vite au ridicule. Et pourtant, il part d'un excellent concept : l’idée d’avoir un protagoniste aux mains toujours occupées et condamné à rester spectateur face aux pires horreurs imaginables a quelque chose de particulièrement stressant.« Quand j'ai vu le film d'horreur espagnol REC, j'ai eu l'impression de retrouver Michigan. » – Suda51, producteur du jeu