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Genre : survie
Développeur : Obsidian Entertainment (États-Unis)
Éditeur : Xbox Game Studios
Plateformes dispo : Windows, Xbox One
Plateforme test : Windows
Langues : anglais
DRM : Steam
Sortie prévue : 2021
Config : carte graphique dédiée requise
Téléchargement : 3 Go
Prix : 30 €
Quelque part, au milieu des années 1980, un accident scientifique miniaturise une bande de gosses et les contraint à errer dans leur jardin, à la recherche d'une solution pour retrouver une taille normale. Non, il ne s'agit pas de Chérie, j'ai rétréci les gosses mais de Grounded, développé depuis peu par Obsidian. Un studio qui, rappelons-le, a pour habitude d'embaucher des gens qui savent écrire, ce qui permet à ce jeu de survie de nous proposer un début de scénario plutôt accrocheur. Rien qui ne menacera la suprématie d'un The Witcher ou Disco Elysium, bien sûr, mais Grounded n'en reste pas moins amusant, avec les journaux audio de son professeur un peu à l'ouest et les répliques loufoques du robot qui s'est fait miniaturiser avec vous. Un phénomène rare, dans un genre de jeu où la gestion de la soif ou la construction d'une base passe avant tout le reste. Mais surtout, ce pitch de scénario au charme désuet permet aux développeurs d'apporter un véritable vent de fraîcheur, en trifouillant les codes implicites de la survie.

De eaux en bas.

Que vous soyez sur Ark1 ou Conan Exiles, il y a fort à parier que vos premières heures de jeu vont considérablement se ressembler. Après un court repérage, vous allez en effet vous installer à proximité d'un lac ou une rivière qui fourniront toute l'eau dont vous aurez besoin, tout en gardant un œil sur les sources de nourriture des environs, souvent sous la forme de troupeaux, de buissons, voire d'arbres fruitiers pour les plus déglingos. Mais dans Grounded, ces premières heures vont vous obliger à prendre de nouveaux repères puisque tout ce qui vous permet habituellement de vous sustenter n'existe plus.

Par exemple, l'eau pure ne se trouve plus au niveau du sol mais en hauteur, généralement perchée au sommet des brins d'herbe avec la rosée du matin. Et la nourriture ? Si des recettes de plus en plus nutritives feront leur apparition au fil du jeu, il faudra toutefois repérer dans un premier temps des énormes champignons, afin de récolter les plus petits qui poussent à leur pied. Dit comme ça, le concept paraît peut-être banal, mais dompter peu à peu un environnement inconnu et hostile est précisément ce qui rend un jeu de survie plaisant. Un aspect sans doute trop ignoré par tous ces titres régis par des règles universelles, dont les premières heures équivalent généralement à localiser le supermarché du coin sur son lieu de vacances.

1 : Ark, ark, ark ! Désolé mais je ne peux pas m'empêcher d'imaginer quelqu'un qui rigole comme ça, à chaque fois que j'entends le nom de ce jeu.

Arachnofolie.

Naturellement, Grounded ne fait pas l'impasse sur les araignées. De quoi couper le jeu de tout un public arachnophobe, sans doute peu motivé à l'idée de se faire courser par trois monstres à huit pattes, après s'être trompé de chemin en voulant rentrer au camp. Un problème auquel Obsidian répond grâce à une option arachnophobie, paramétrable sur une échelle de zéro à cinq et qui, petit à petit, fait disparaître des éléments des vilaines bêtes. À cinq sur cinq, les araignées ne ressemblent alors plus qu'à deux petits blobs bruns, surmontés d'une paire d'yeux rouges. Une excellente idée qui gagnerait sans doute à faire des émules mais qui créent aussi un problème de lisibilité, les bestioles ainsi réduites étant plus difficile à apercevoir, en plus d'être parfois confondues avec des réserves de sève qui ont pratiquement la même couleur.

Piles non fourmi.

Une fois nos premiers besoins sécurisés, on comprend alors que Grounded ne sera pas un mastodonte de la survie, où nos jauges de faim et de soif seront affectées par nos efforts ou la température ambiante. Plutôt simple, le jeu n'en reste pas moins efficace sur tout ce qu'il entreprend, à commencer par cette faune qui, à l'image de l'eau et la nourriture, débarque avec ses propres codes. Mouches qui nous percutent sans nous faire de mal, fourmis ouvrières curieuses à ne surtout pas confondre avec les soldats... Impossible de prédire le comportement de telle ou telle bestiole lorsqu'on découvre Grounded, à l'exception bien sûr de ces saloperies d'araignées.

Puis peu à peu, à force de taper sur des trucs et des machins pour récolter des ressources, la construction d'une véritable maison pour remplacer ce feu de camp et cette tente de fortune s'impose comme une évidence. Et c'est sans doute là que la plupart des joueurs et joueuses décrocheront, face à un système imprécis qui demande beaucoup trop d'efforts pour aboutir à autre chose qu'une baraque toute biscornue et bourrée de trous. Pour l'heure, le titre d'Obsidian n'en est qu'aux prémices de son développement et ne représenterait que 20 % de sa version finale. Vingt malheureux pourcents qui, à mon humble avis, semblent bien prometteurs.

En l'état

Kahn Lusth le 14 août 2020

| Modifié le le 25 janvier 2025

Avec ses mécaniques de jeu un peu basiques, Grounded n'est pas le gros jeu de survie qui collera un uppercut à Ark ou Subnautica. Toutefois, la bonne maîtrise de chacun de ses aspects laisse imaginer un titre qui pourrait être très agréable à découvrir dans sa version finale, en plus de nous offrir un terrain de jeu peu commun.
Attendez