Furolith
le 12 décembre 2025
| Modifié le le 16 janvier 2026
Tout va bien pour vous, le matos informatique et de jeu vidéo que vous possédez en ce moment vous satisfait ? Je l'espère pour vous, parce que vous risquez de devoir le garder pas mal de temps. La flambée actuelle des prix de la RAM et des SSD annonce une crise du hardware sans précédent, partie pour durer, et dont l'ampleur dépasse déjà toutes les prévisions les plus pessimistes.
Je vous en parlais déjà le mois dernier, au moment de spéculer sur le prix de la nouvelle Steam Machine. Et pourtant, même moi, j'étais loin d'imaginer que ça deviendrait aussi vite aussi grave. On l'a pourtant vue venir de relativement loin, la pénurie de puces mémoire qui affole tout le monde en ce moment. Depuis en gros l'été 2025, quand les grands acteurs de l'intelligence artificielle ont commencé à enchaîner les annonces de méga-projets de data centers pour alimenter ces mêmes IA, tous plus démesurés les uns que les autres, et tous accompagnés d'un accord avec un fondeur (SK Hynix, Kioxia, Micron...) pour la fourniture d'une quantité astronomique de modules DRAM ou NAND, siphonnant toute la capacité de production mondiale. Dès août, des observateurs tels que DigiTimes Asia rapportaient les premières tensions sur l'approvisionnement en mémoire vive. Comprenez que même nous à Canard PC, on aurait pu vous prévenir plus tôt de ce qui arrivait, et qu'on est désolé de ne pas l'avoir fait.
En revanche, personne n'aurait pu imaginer que la crise soit si énorme qu'elle mène à la disparition subite d'une des marques de composants les plus connues au monde. Le 3 décembre, Micron a soudainement mis à l'arrêt sa marque grand public Crucial, après plus de 30 ans d'existence : puisque les géants de l'IA susnommés sont prêts à lâcher des fortunes pour s'offrir l'intégralité de sa production, la maison mère ne voit plus d'intérêt à s'adresser à nous autres humbles consommateurs. Le symbole d'une crise hors de contrôle, partie pour devenir encore bien plus pénible que celle survenue pendant la pandémie de Covid – et dont les conséquences sont déjà bien installées.
On parle beaucoup de la RAM, qui a été la première à subir cette nouvelle loi : à l'heure où j'écris ces lignes, les prix des barrettes de DDR5 ont triplé par rapport à ce qu'ils étaient quelques petits mois plus tôt, et ce sera sans doute encore bien pire à l'heure où vous les lirez. Mais attention à ne pas rater la pénurie de SSD qui arrive elle aussi en arrière-plan, et se ressent déjà : les prix ne sont pour l'instant en hausse « que » de 50 %, mais la courbe ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Si vous avez besoin de vous équiper, faites-le maintenant.
On parle beaucoup de la RAM, qui a été la première à subir cette nouvelle loi : à l'heure où j'écris ces lignes, les prix des barrettes de DDR5 ont triplé par rapport à ce qu'ils étaient quelques petits mois plus tôt, et ce sera sans doute encore bien pire à l'heure où vous les lirez. Mais attention à ne pas rater la pénurie de SSD qui arrive elle aussi en arrière-plan, et se ressent déjà : les prix ne sont pour l'instant en hausse « que » de 50 %, mais la courbe ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Si vous avez besoin de vous équiper, faites-le maintenant.
D'abord les composants séparés, bientôt... tout
La chose reste pour l'instant circonscrite aux composants de mémoire et de stockage séparés, mais cela ne va pas durer. Parce qu'évidemment, de la mémoire et du stockage, il y en a dans tout ce qui ressemble de près ou de loin à un ordinateur – c'est-à-dire, en 2026, à peu près n'importe quel bidule qui fonctionne à l'électricité. Le premier domaine auquel la crise va s'étendre sera vraisemblablement celui des cartes graphiques : chez Nvidia, on n'attend plus du tout les RTX 50 Super, qu'on pensait un temps apercevoir au CES 2026 en janvier à Las Vegas, et dont la principale caractéristique par rapport aux RTX 50 tout court devait précisément être des quantités de mémoire vidéo en hausse. Pire encore, Nvidia a prévenu les constructeurs de cartes partenaires (les Asus, Gigabyte, MSI et compagnie) que dorénavant, il leur vendrait ses processeurs graphiques sans les modules de mémoire GDDR7 associés. Ce sera donc auxdits partenaires de se débrouiller pour se fournir eux-mêmes, ce qu'ils ne pourront donc faire qu'à prix d'or, et aura bien évidemment des répercussions sur le prix de vente final.Du côté des ordinateurs portables, smartphones et consoles de jeu, la situation est peut-être un poil moins tendue dans l'immédiat, car les grands constructeurs peuvent encore compter sur des contrats d'approvisionnement ayant fixé sur le papier des prix à long terme. Mais là encore, cela ne durera pas, d'une part car ces accords ne sont pas non plus à durée infinie, d'autre part et surtout car les fabricants de mémoire, face au caractère exceptionnel de la situation, n'hésiteront pas une seconde à se dégager unilatéralement de leurs obligations contractuelles. Le cas rapporté le plus édifiant est celui de Samsung Electronics qui, pour ses futurs smartphones Galaxy, se serait vu refuser une commande de modules mémoire auprès de... Samsung Semiconductors, sa propre société sœur.