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Genre : architecture, décoration
Développeur : DeSand Game Studios (Pologne)
Éditeur : Vision Edge Entertainment
Plateformes : Windows, macOS
Date de sortie : NC
France. Année 2030. Après l'élection du président Kevin Trougnaud, leader du MRDVFQMVFD (Mouvement des Républicains Démocratiques pour la Vraie France qui Marche Vers le Futur de Demain), les prix de l'immobilier s'envolent. À Paris, le mètre carré dépasse désormais les 500 000 euros. La classe moyenne s'est résignée à habiter des cabanes en torchis construites clandestinement dans les forêts. Mais le peuple français est résilient. Sa force de caractère l'honore. Si la notion même d'acheter une maison lui paraît utopique, il garde en lui, chevillée au corps, la passion de la décoration d'intérieur et du cocooning hardcore. Tandis qu'Ikea inaugure son 100 000ᵉ magasin dans l'Hexagone et que Valérie Damidot, reconvertie en youtubeuse, dépasse les huit milliards d'abonnés, un jeu vidéo captive les Français. Tous les soirs, ils sont des millions à brancher les casques de réalité virtuelle que distribue gratuitement Mark Zuckerberg et ils jouent à Dreamhouse : The Game. Au fond de leur cabane humide, tirant l'électricité d'un groupe électrogène qu'ils ne peuvent utiliser que quelques dizaines de minutes par jour (car l'essence est désormais à 92 euros le litre), ils se baladent ainsi dans leur immense villa virtuelle et oublient un peu la médiocrité du quotidien. Oui, leur pays s'effondre. Oui, leur vie n'a plus de sens. Mais grâce à ce jeu vidéo, le peuple français tient bon.
Dreamhouse semble proposer d'intéressantes options bureaulogiques.

Détaillé comme jamais.

Je suis sûr que vous pensez que je suis un idéaliste. Que ma vision du futur est bien trop optimiste. Peut-être. Mais je veux croire en Dreamhouse. Je veux y croire, car c'est la seule chance que j'ai de réaliser un de mes fantasmes : planifier la construction de ma maison idéale, la décorer et marcher dedans en réalité virtuelle en me disant « voilà, j'ai réussi ma vie ». Pour la VR, c'est bon, les développeurs ont confirmé que le jeu la supportera. Et ça devrait être sacrément beau, puisque Dreamhouse sera l'un des premiers à exploiter l'Unreal Engine 5. J'espère évidemment qu'il nous affichera des salles de bain et des cuisines détaillées comme jamais. Je veux du ray tracing sur le carrelage, des grille-pain à 50 000 polygones, et d'après les photos d'écran (que j'ai littéralement léchées à même le moniteur quand je les ai vues la première fois), cela semble être le cas. Mais vous le savez, l'important, ça n'est pas la destination, c'est le voyage. Alors il y aura bien un vague scénario dans Dreamhouse. On y jouera le rôle d'un ingénieur en construction qui se fera un peu d'argent avec des rénovations, jusqu'à avoir le budget pour se construire sa propre maison du bonheur.

Je veux du ray tracing sur le carrelage, des grille-pain à 50 000 polygones.

Pendant ce temps-là, chez monsieur House Flipper

La concurrence arrive, mais House Flipper, l'original gangster du jeu de décoration, ne reste pas les bras croisés. Deux titres viendront bientôt enrichir ce qui est en train de devenir une vraie franchise. Le premier s'appelle House Flipper City et vous pouvez déjà en essayer une courte démo sur Steam. En gros, ils ont repris le concept de The Tenants. Vous jouez le rôle d'un investisseur immobilier dans une grande ville rappelant New York, et vous jonglez entre les jobs de rénovation (où il faut juste employer des ouvriers pour faire le boulot) et de transformation (où vous devez aménager différentes pièces dans un espace limité). Pourquoi pas, mais on ne retrouve pas vraiment l'esprit original de House Flipper – la vue à la première personne, les appartements-dépotoirs, les cadres kitsch ou les rideaux marron à coller partout. Pour cela, il faudra sûrement attendre House Flipper 2, qui arrivera en 2023. Les développeurs polonais de Frozen District n'ont pour l'instant dévoilé qu'une cinématique. On espère évidemment une grosse mise à jour graphique du jeu, car Dreamhouse semble placer la barre très haut de ce côté.

L'eau et l'electricité.

Cette partie construction a l'air... fantastique. Je m'emballe peut-être un peu, mais les développeurs annoncent tant de belles choses. Cela commencera avec l'extérieur, où l'on pourra planter des arbres et créer un jardin sur un terrain vierge. Puis il y aura une phase de conception, suivie de la construction proprement dite, avec coulage des fondations et érection des murs, comme un vrai petit maçon du cœur. Et pas question de faire une baraque à la Minecraft : un moteur physique sera chargé de vérifier que la maison peut tenir debout. Ensuite, il faudra installer le réseau d'eau et d'électricité (niveau d'excitation personnelle : 194 %). Le meilleur sera pour la fin avec l'aménagement intérieur de la maison et des tonnes de meubles et objets design à placer d'une main experte. On nous promet même une IA qui, je cite, évaluera « le style, le prix, la rapidité et la précision » de notre travail d'ingénieur/architecte/décorateur. C'est presque trop beau. D'autant que c'est le premier jeu du studio polonais qui nous prépare ça. Tant pis, je vais quand même continuer à m'exciter. Nous venons d'avoir la pandémie, l'Ukraine, Valérie Pécresse, alors maintenant je veux courir comme un fou vers cet horizon des possibles, dussé-je n'y trouver, au final, qu'un cruel mirage.