Genre : construction, batailles navales
Développeur : Game-Labs (Ukraine)
Éditeur : Game-Labs
Plateforme : Windows
Téléchargement : 4 Go
Sortie prévue : NC
Langue : anglais
Prix actuel : 35 €
Développeur : Game-Labs (Ukraine)
Éditeur : Game-Labs
Plateforme : Windows
Téléchargement : 4 Go
Sortie prévue : NC
Langue : anglais
Prix actuel : 35 €
ackboo
le 19 janvier 2022
| Modifié le le 20 janvier 2022
Salauds de porte-avions. Je me rends compte qu'ils ont tout gâché. Car avant qu'ils ne règnent sur les mers à partir de la Seconde Guerre mondiale, les bateaux de guerre étaient sacrément plus fun.
Il y eut en effet une période, de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe siècle, où les seigneurs des océans n'étaient pas de pauvres aérodromes flottant tout fragiles, envoyant lâchement leurs petits avions détruire l'ennemi à 250 kilomètres de distance. Non, on se battait comme des hommes, des vrais, en s'envoyant des obus d'artillerie à la gueule, les yeux dans les yeux. Ça faisait des gros boums, il avait des trous dans la coque, des marins démembrés ou brûlés vifs. Bref, on savait encore s'amuser, avec des technologies rustiques et efficaces. C'était l'époque des croiseurs lourds, des cuirassés, des bestiaux à vapeur de 16 000 tonnes cerclés d'un blindage délirant, sur lesquels les ingénieurs montaient des canons gigantesques pour dire à l'adversaire « c'est nous qu'avons la plus grosse ». Et c'est justement dans la peau d'un de ces concepteurs de monstres marins qu'Ultimate Admiral : Dreadnoughts nous propose de jouer. Le principe : vous avez un objectif (généralement, une flotte ennemie à détruire), un budget, à vous de construire les navires nécessaires pour réaliser la mission.
Faut-il installer une deuxième cheminée de 80 tonnes sur mon croiseur ?
Sim chantier naval.
Chaque mission démarre donc devant un magnifique éditeur de navire. On choisit le gabarit de la coque, puis on la customise comme une 205 GTi. Il faut mettre les superstructures, les cheminées et surtout les monstrueux canons d'époque montés sur tourelles rotatives. Au début, on a envie de mettre les machins les plus massifs, mais les contraintes de poids arrivent vite. La conception de navires de guerre est en fait un art assez subtil. C'est une question d'arbitrage. Est-ce que je monte ce double canon de 12 pouces à l'avant, sachant qu'il va déséquilibrer mon bateau ? Ai-je vraiment besoin de ces quatre canons secondaires de 4 pouces, au risque de devoir réduire l'épaisseur du blindage de la coque ? Faut-il installer une deuxième cheminée de 80 tonnes sur mon croiseur pour améliorer sa vitesse de pointe, ou favoriser les cloisons étanches et le confort de l'équipage ? Que de questions excitantes ! Le nombre de paramètres sur lesquels on influe est impressionnant. Le jeu gère même la dissipation de la fumée, la faculté à détecter les torpilles et offre près d'une trentaine d'options (technologie du moteur, composition du blindage, type de gouvernail, mécanismes des tourelles...) à régler. C'est très complet.
Touché coulé.
Une fois la phase de construction achevée, UA:D devient un STR naval. Vous démarrez en position à quelques kilomètres de la flotte ennemie et manœuvrez pour entamer le combat dans les meilleures conditions. Les habitués de World of Warships retrouveront des sensations familières. Les navires agiles (destroyers, petits croiseurs) foncent à 30 nœuds vers l'adversaire pour espérer tirer quelques torpilles en guise d'apéritif, lâchant çà et là des écrans de fumée. Les bateaux plus lourds restent à distance et présentent leur flanc afin d'aligner le maximum de canons vers l'ennemi. Puis la bataille d'artillerie commence. Contrairement à World of Warships, il n'y a pas de contrôle manuel des canons. On indique les cibles, les tirs se résolvent selon les paramètres habituels (distance, expérience de l'équipage, stabilité du navire, etc.). Les batailles navales peuvent être longues : certains engagements durent plus de deux heures – ce qui, historiquement, est plutôt réaliste. Évidemment, il est possible d'accélérer un peu le temps. Ces phases restent lentes et contemplatives, mais j'ai adoré. Il y a quelque chose de relaxant à défoncer patiemment un gros battlecruiser ennemi en écoutant le bruit des vagues, le plouf des obus ennemis qui tombent à vingt mètres du navire amiral et le tonnerre des canons.
La mer et la campagne.
Bon, si vous aimez les gros bateaux, vous allez aimer Ultimate Admiral : Dreadnoughts. Pas de doute là-dessus. C'est un jeu fait par des passionnés, avec une bonne profondeur tactique et un vrai souci du détail. Je vais tout de même refroidir un peu vos ardeurs avant que vous n'investissiez dès maintenant. Premier point négatif : l'IA n'est pas extraordinaire sur cette version anticipée. En construisant des navires cohérents, les combats se gagnent facilement. On se retrouve à pulvériser des ennemis qui font des ronds dans l'eau, souvent isolés du reste de leur flotte. Second point négatif : la campagne est un peu naze. J'imaginais quelque chose à la Silent Hunter, je voulais diriger moi-même mes flottes sur les mers, pister les navires ennemis, ça n'est pas le cas. On se contente juste d'appuyer sur un bouton « Tour Suivant » qui fait avancer la date d'un mois, et vous propose deux ou trois échauffourées navales prédéfinies. L'intérêt du jeu reste donc, pour l'instant, les 57 missions (oui, c'est beaucoup) avec des scénarios variés mettant en scène tous les types de navires. Je me suis régalé dessus, j'y ai joué plus d'une vingtaine d'heures, mais j'espère que la version finale permettra de s'investir dans une vraie campagne stratégique de dix ou quinze ans, plutôt qu'une suite de batailles navales déconnectées les unes des autres.
Ultimate Admiral : Dreadnoughts pourrait devenir l'une des toutes meilleures simulations de combat naval si ses développeurs améliorent un peu l'intelligence artificielle et la campagne. Je me suis déjà bien amusé dessus, mais je le mets de côté en espérant que la version définitive du jeu sera à la hauteur de son potentiel.
Attendez