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Genre : aventure
Développeur : Luis Antonio (États-Unis)
Éditeur : Annapurna Interactive
Plateformes dispo : Windows, macOS, Xbox One/Series
Plateforme test : Windows
Téléchargement : 2 Go
Date de sortie : 19/08/2021
Langues : anglais sous-titré en français
Prix : 21 €
Vous l'aurez compris, j'avais hâte de jouer à 12 Minutes. J'étais séduite par son principe tout simple, celui de vivre l'aventure d'un homme qui revit les mêmes douze minutes en boucle, alors que son dîner avec sa femme est brutalement interrompu par l'arrivée d'un policier. Pendant chaque boucle temporelle, il faut trouver des indices ou débloquer des éléments de dialogue qui peuvent vous aider à comprendre un peu plus la situation et avancer dans la prochaine séquence, jusqu'à espérer en sortir. Tout se déroule en vue du dessus, ce qui permet d'avoir une vision d'ensemble sur l'appartement du personnage où se déroule l'essentiel de l'histoire, et de toujours avoir une idée globale de ce qu'il est possible de tenter ensuite. Enfin, j'étais assez enthousiasmée par le fait de suivre un huis-clos avec trois personnages doublés par des acteurs talentueux (Daisy Ridley, Willem Dafoe et James McAvoy), avant de réaliser que le budget doublage avait peut-être un peu pris le pas sur le reste.

À la recherche du temps perdu.

Dans Un jour sans fin, Bill Murray est condamné à revivre perpétuellement la même journée. En 24 heures, il peut se passer tout un tas de choses – c'est en tout cas suffisant pour qu'il apprenne le piano et la sculpture sur glace, et à prendre le temps de devenir une meilleure personne tout en trouvant l'amour. 24 heures, c'est une bonne durée pour une boucle temporelle. L'un des petits soucis de 12 Minutes, c'est que c'est à la fois trop court (trop court pour espérer faire quelque chose de radical, comme apprendre Rachmaninov au piano) et trop long (quand ça fait déjà huit fois que vous mettez la table en attendant que votre femme vous offre un cadeau, en subissant systématiquement les mêmes dialogues). Ce défaut n'est pas bien méchant : ça fait partie de l'intention générale du jeu, et les développeurs ont été assez prévenants pour vous permettre de faire une avance rapide lors des scènes que vous connaissez déjà, et ainsi sortir prématurément d'une boucle en quittant votre appartement. Ce n'est pas grave non plus que le jeu ne soit pas toujours hyper fignolé et que les animations des personnages soient dignes des heures les plus sombres des Sims : la direction artistique fait son travail, et on s'habitue vite à ne pas trop s'attarder sur les détails.

On passe d'un petit thriller psychologique intrigant à un épisode de soap opera tordu en l'espace de quelques heures.

Les 12 minutes de vérité.

L'un des défauts qui pose un peu plus problème, c'est le fait que certaines répliques des personnages ne semblent pas survenir au bon moment – quand elles ne brisent carrément pas l'immersion, comme lorsque le personnage principal répète « Monsieur ? Monsieur ? » dans le plus grand des calmes alors qu'un policier est en train de menotter sa femme face contre terre. Honnêtement, j'ai pris tellement de plaisir à tenter toutes les interactions possibles au début du jeu que j'aurais pu fermer les yeux sur tout ça. L'aspect découverte est plutôt chouette, et il faut parfois vraiment se creuser la tête pour avancer et débloquer les différentes fins du jeu (même si celui-ci ne vous indiquera pas laquelle est vraiment la bonne). Le truc, c'est que l'histoire passe de celle d'un petit thriller psychologique intrigant à celle d'un épisode de soap opera particulièrement tordu en l'espace de quelques heures, et qu'elle vous force à faire tout un tas de choses ignobles pour avancer, sans que ce ne soit réellement pointé du doigt. C'est bête, parce que 12 Minutes justifie tout le principe de boucle temporelle de manière assez inventive. Mais ses rebondissements douteux et sa fin foireuse et mal amenée, qui semblent déranger pour le simple plaisir de déranger, m'ont résolument donné envie de fermer le jeu pour ne pas avoir à revivre cette boucle infernale une fois de plus. Pour un titre qui reposait essentiellement sur son scénario, il ne reste plus grand-chose à en sauver.

Notre avis

Ellen Replay le 3 septembre 2021

| Modifié le le 17 septembre 2021

Qui eût cru que ce serait frustrant de se retrouver à vivre plus ou moins la même boucle de gameplay pendant douze minutes ? Pas moi avant de commencer 12 Minutes, en tout cas. Et j'aurais été prête à tout lui pardonner si son histoire s'était avérée à la hauteur, malheureusement son twist-ending flingué m'a fait oublier toute forme de tolérance.