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Jeu: Albion Online
Genre: MMORPG
Developpeur: Sandbox Interactive (Allemagne)
Editeur: Sandbox Interactive
Plateformes dispo: PC Windows, Mac, Linux
Plateforme test: PC Windows
Config: carte graphique dédiée requise
Telechargement: 2 Go
Langues: français
Date de sortie: 20170717
Prix: 30 €
Une chose est sûre, Albion n'a pas attiré le public grâce à son scénario. Ultra classique, il parle d'aventuriers partis s'installer dans un nouveau monde. Ni grâce à sa plastique sommaire, d'ailleurs : polygones découpés à la serpe, textures limitées à des aplats de couleurs, ombres résumées au strict minimum et effets de lumière pratiquement absents. Une simplicité qui offre toutefois un avantage, puisque Albion peut tourner sur des PC ridicules, peut-être même sur la machine à écrire de vos grands-parents. Et sur une configuration de joueur sérieux, le MMO devient très confortable à utiliser : les ralentissements sont inexistants et les temps de chargement ne dépassent jamais une ou deux secondes. On explore les lieux sans heurts avant de découvrir que, malgré l'aspect bac à sable vanté par les développeurs jusque dans le nom de leur studio, Albion est doté d'un univers très compartimenté, constitué d'un tas de petites zones séparées par des écrans de chargement. Mais les joueurs se sont persuadés tout seuls que le titre de Sandbox est une réincarnation d'Ultima Online. Or, comme dirait notre bien aimé directeurNote : 1, Lord Casque Noir, qui aime exagérer quand quelqu'un émet une assertion sans réel fondement : « Faux ! Archi-faux ! »

Note 1 : C'est bon ? Je l'ai, mon augmentation ?

Albion est un Ultima Online enfermé dans un corps de jeu Facebook.

Vous, c'est vous.

Mine de rien, il était facile de se laisser berner. À l'instar du titre mythique du temps jadis, quand nous étions moins ridés et dotés d'un modem 56k, Albion opte pour une vue en 3D isométrique. Clic gauche pour se déplacer, quelques touches pour utiliser des compétences... Inutile de dire que le gameplay ne s’embarrasse pas d'une surcouche de complexité et opère même un joyeux retour en arrière afin de nous ramener à cette époque où les combats de MMORPG étaient mous et immobiles. On enchaîne les coups sans y croire, on pleure le côté tristement statique des affrontements, puis on constate que les développeurs ont tout de même casé une bonne idée dans leur gloubiboulga à l'ancienne. À les croire, dans Albion, « vous êtes ce que vous portez ». Une promesse qui n'a rien d'anodin, puisque les compétences du personnage vont entièrement découler de son équipement, permettant ainsi de créer des archétypes classiques, comme un guerrier en armure digne de figurer sur la ligne de front, ou de mélanger son matériel à l'envi pour mêler plusieurs rôles, et créer par exemple un archer capable de faire de la magie. Une excellente idée qui donne l'impression de pouvoir commencer à jouer sans être au niveau maximal, d'autant qu'Albion n'est pas doté d'un système d'expérience classique.

En état de dépendance.

En réalité, toute la progression de notre personnage se déroule dans un arbre de compétences qui débloque des bonus et le droit d'utiliser certains objets en fonction de notre façon de jouer. Par exemple, forger des épées permet de progresser dans une branche dédiée à cet artisanat. De fait, il est parfaitement possible de devenir un excellent forgeron, tout en restant la pire des buses au combat. Et c'est précisément là qu'Albion fait un peu penser à Ultima Online, avec son gameplay qui pousse les joueurs à se débrouiller entre eux. Car cette ultraspécialisation des compétences contraint même le pire sociopathe de la galaxie à s'appuyer sur les autres joueurs. La forge à haut niveau nécessite des ressources qui ne se trouvent que dans des régions ouvertes au PvP, là où des joueurs peu scrupuleux dépouillent les mineurs et autres bûcherons qui ont fait l'erreur de venir sans escorte, puisqu'un mort laisse tout son inventaire derrière lui. J'ai l'air d'insister avec mon forgeron, mais rien ne vous empêche d'incarner un dresseur de chevaux, un alchimiste, un cuisinier, un fabricant de maisons ou bien d'autres choses, simplement en faisant ce qui vous fait plaisir et en laissant vos compétences se développer petit à petit. Mais le problème, c'est qu'Albion est un Ultima Online enfermé dans un corps de jeu Facebook.

C'est pour l'éco.

Car, voyez-vous, l'économie du jeu est entièrement laissée aux bons soins des joueurs. Une bien belle volonté qui cache une réalité plus sombre, pleine d'usines à farm et de gens qui triment comme des fourmis. La progression dans l'arbre de compétences se paie au prix d'une répétitivité absurde, qui oblige à fabriquer des centaines d'objets pour passer un pauvre palier de compétence. Et ne parlons pas des bâtiments que les joueurs peuvent construire en ville, où le prix des terrains est à peine plus dissuasif que la quantité de ressources nécessaires à leur entretien. Albion exclut ainsi les joueurs qui jouent seuls ou en petit comité, et ne permet qu'aux plus grosses guildes de tenir la cadence abrutissante exigée par son gameplay. Pire encore, l'argent réel vient se mêler à l'économie locale, puisqu'un abonnement mensuel permet d'obtenir des bonus très importants en récolte, en expérience et compagnie, au point de se révéler indispensable pour jouer normalement. Bref, le genre de jeu qui donne l'impression d'avoir été avant tout conçu pour un public qui joue sur mobile et apprécie de voir ses loisirs se résumer à une récolte sans fin. Ça tombe bien, les développeurs viennent justement d'annoncer la version Android d'Albion.

Notre avis

Kahn Lusth le 4 octobre 2017

| Modifié le le 25 mai 2021

Vous espérez fonder des villes, explorer des donjons et ouvrir une taverne pour y discuter avec des joueurs comme dans Ultima Online ? Passez votre chemin. Albion Online n'est pas un mauvais jeu, mais il s'adresse principalement à ceux qui sauront monter ou rejoindre une très grosse guilde, afin de profiter de mécaniques qui exigent un investissement en temps trop important pour une personne seule ou un petit groupe.