Développeur : Matt Makes Games (Canada)
Éditeur : Matt Makes Games
Plateformes dispo : Windows, Mac, Linux, Playstation 4, Nintendo Switch et Xbox One
Plateforme test : Windows
Langues : français
Config : n'importe quel PC
Téléchargement : 100 Mo
Prix : 20 €
DRM : Steam ou aucun sur itch.io
Date de sortie : 25/01/2018
| Modifié le le 14 avril 2025
S'il est un jeu qui a longtemps animé les pauses déjeuner, bouclages et autres beuveries illicites au sein de la rédaction, c'est bien Towerfall. Brillant d'inventivité, de précision et de finesse, il nous a tellement épatés qu'il est un des rares à avoir écopé dans nos pages du sacro-saint 10/10. La bonne nouvelle, c'est que Matt Thorson ne comptait pas s'arrêter là. Avec Celeste, il passe au jeu de plateforme.
Attention, pour une fois on ne va pas parler de Super Meat Boy (et puis on le fait déjà bien assez dans le test de Remnants of Naezith, en test dans ce même numéro) mais de The End is Nigh. Comme chez le dernier bébé de McMillen, Celeste pousse à l'exploration de niveaux découpés en écrans, à la croisée des chemins entre jeux plateforme et puzzles, parfois dotés de plusieurs embranchements et bourrés de fraises à collectionner. Fraises qui, en passant, remplacent avantageusement les tumeurs de The End is Nigh – entre nous, avouons qu'une soirée tumeurs chantilly, c'est tout de suite un peu moins alléchant.
Fraises de Plouga-stèle
Madeline, jeune femme pleine de doutes et de névroses, se lance à l'attaque de la montagne Celeste à un moment critique de sa vie. Elle va y rencontrer de nombreux personnages hauts en couleur, avec qui elle échangera quelques mots mais sera également souvent seule face à elle-même, et pas toujours au sens figuré. Ce dont on ne se doute pas en lançant le titre de Matt Makes Games, c'est qu'à mesure que Madeline gravit le mont Celeste, le joueur, lui, gravit le mont Celeste.Comme vous l'imaginez sûrement à l'aide des images délicatement disposées sur cette double page, c'est un jeu difficile. Hardcore. Masocore. Verse-moi-de-la-cire-sur-les-tétons-et-rentre-moi-ce-fer-à-souder-dans-le-core. Ravins, piques, monstres, ronces… tous nos meilleurs amis sont là, comme un épisode de « Vivement dimanche » dont le thème serait « pétage de plombs, destruction d'écrans et réception de manettes par le voisin de l'immeuble d'en face ». Mais bien que Celeste s'amuse à régulièrement passer les nerfs du joueur à la scie sauteuse1, son enrobage est si doux qu'on ne peut pas rester fâché plus de quelques secondes. Grâce à l'adorable direction artistique du titre évidemment, mais surtout parce que l'architecture des niveaux et les mécaniques intelligentes qu'il distille avec une régularité affolante font qu'on lui donne le bon Dieu sans confession.
1 : Les plus inquiets auront la possibilité de passer par un mode « assisté » qui permet de régler de nombreux paramètres comme la vitesse du jeu ou l'invincibilité de l'héroïne, sans aucun jugement de valeur sur le malheureux joueur effrayé par la difficulté.
À mesure que Madeline gravit le mont Celeste, le joueur, lui, gravit le mont Celeste.