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Jeu : Dragon Ball FighterZ
Genre : baston
Développeur : Arc System Works (Japon)
Éditeur : Bandai Namco Entertainment
Plateformes dispo : PC Windows, Playstation 4, Xbox One
Plateforme test : PC Windows
Config : carte graphique dédiée requise
Téléchargement : 4 Go
Langues : japonais ou anglais sous-titrés français
Date de sortie : 26/01/2018
DRM : Steam
Prix : 60 € sur PC, 70 € sur consoles
Dragon Ball FighterZ ne cache pas ses erreurs bien longtemps : il suffit de quelques minutes dans le lobby multijoueur (le menu principal du titre se résumant aux options « lancer le jeu » et « quitter ») pour en prendre conscience. Les joueurs s'y promènent sous les traits d'un personnage de la série, dans un style chibi*, et se déplacent dans les différentes zones pour accéder aux modes de jeu. L'idée peut paraître plutôt bonne : les personnages sont amusants et cette petite astuce, mine de rien, ajoute un peu de vie au titre. On se dirige alors vers un de ces personnages qui donnent la possibilité d'accéder au solo, au multijoueur et à toutes ces joyeusetés. Et on maudit instantanément ceux qui ont pondu ces menus bordéliques, où la moindre opération démultiplie les clics et les interactions. Ainsi, noyé dans ses menus, ses sous-menus et ses messages de confirmation, le jeu nous demande d’appuyer onze fois sur le stick ou les boutons pour fermer le soft et revenir sous Windows. Alors, « Arc Sys », vous êtes peut-être en train de vous élever au rang de demi-dieux du jeu de baston, mais vous allez me faire le plaisir d'embaucher rapidement un ergonome.

*Un petit corps surmonté d'une grosse tête.

FighterZ réduit drastiquement l'écart qui sépare le joueur occasionnel du gros bourrin capable de compter les étapes d'animation pour placer ses attaques.

Service incompris.

D'ailleurs, tant qu'on parle des sujets qui fâchent (promis, je vous dis tout le bien que je pense de DBFZ un peu plus loin), prenons le temps d'évoquer les serveurs. En forçant tout le monde à passer par un lobby multijoueur, Arc System a créé d'inévitables embouteillages au moment de la sortie du titre, d'autant que le nombre de serveurs a été calculé au doigt mouillé. Si, si, il faut être vraiment le dernier des ignares pour imaginer que la France, pays où les mangas et Dragon Ball cartonnent plus que n'importe où ailleurs en Occident, mérite autant de serveurs que l’Angleterre. D'ailleurs, la réalité a rattrapé les développeurs. Les ventes de FighterZ dans l'Hexagone sont actuellement quatre fois supérieures à celles qui sont réalisées chez les mangeurs de jelly. Résultat, de nombreux joueurs ont été contraints de migrer vers les serveurs russes surdimensionnés (à croire que les capacités d'accueil ont été déterminées selon la superficie des territoires), le temps que Bandai Namco règle le problème. Aujourd'hui, 22 serveurs sont mis à disposition des Français sur la version PC du titre, ce qui limite enfin les soucis de déconnexions intempestives. Toujours est-il que ce problème était facilement évitable. Mais si l'interface et la gestion des serveurs donnent une furieuse envie de prendre un billet pour le Japon afin d'éclater les développeurs à coups de chaise, il suffit de lancer une partie pour tout leur pardonner.

Son Son Son Goku contre Vegetata

En nous proposant un gameplay à la Marvel vs. Capcom où deux équipes de trois personnages s'affrontent, DBFZ avait tout intérêt à prévoir un roster d'une taille convenable. Au final, le jeu est sorti avec 24 personnages jouables, ce qui est bien mais pas top : on dénombre tout de même trois Son Goku, deux Vegeta et deux Son Gohan différents. Certes, la pilule passe un peu mieux quand on découvre que chacun a un style de combat bien marqué qui aide à faire la différence, mais la richesse de l'univers de Dragon Ball aurait dû permettre à Arc System d'éviter de telles redites.

Je me sens un peu patate.

L'échange de mandales constitue la substantifique moelle d'un jeu de baston et, sur ce point, FighterZ sait se montrer satisfaisant. Ce qui marque tout d'abord est l'impression de puissance qui se dégage des affrontements. Ce n'est pas du luxe dans un jeu qui propose d'assister aux combats de « super guerriers » qui, pour certains, sont capables de faire sauter une planète à l'aide d'une boule d'énergie. Difficile dans ces conditions de s'en tenir à des échanges de gnons dignes d'un Street Fighter ou même d'un Mortal Kombat, ce qui explique sans doute pourquoi Arc System a déployé autant d'efforts dans la réalisation visuelle du titre qui, lorsqu'elle n'est pas occupée à faire des clins d’œil à l’œuvre originale (certains passages étant littéralement calqués sur l'anime ou le manga), nous arrache les yeux à coups de poussière qui se soulève, de décors qui partent en morceaux et d'effets spéciaux bien sentis. Résultat, même au bout d'une trentaine d'heures de jeu, je ne me lasse pas de voir un personnage traverser une montagne ou un immeuble après avoir été mis KO par une attaque un peu violente, souvent sortie les doigts dans le nez et en trifouillant le pad avec ses coudes.

Reçu simple sur simple.

Car l'autre atout de DBFZ est sans conteste sa prise en main, des plus aisées. La quasi-totalité des coups spéciaux s'effectuent grâce à des manipulations très simples : il suffit de faire un quart de cercle vers l'avant ou l'arrière et d'appuyer sur un bouton pour que votre personnage sorte une attaque. Limpide, à l'image du système de combo automatisée qui permet d'effectuer des enchaînements plus ou moins longs en mitraillant une seule touche. Du côté des subtilités, on notera une jauge de ki, se chargeant au fil des coups reçus ou donnés, dans laquelle on puise pour sortir nos attaques les plus puissantes ou se téléporter dans le dos de son adversaire. De fait, FighterZ réduit drastiquement l'écart qui sépare le joueur occasionnel du gros bourrin capable de compter les étapes d'animation pour placer ses attaques. Bien sûr, l'habitué pourra toujours sortir des combos plus complexes (et plus puissants) pour prendre l'ascendant sur un adversaire peu expérimenté, mais force est de constater que même un joueur qui n'y connaît pas grand-chose peut débarquer chez vous, prendre un pad et s'amuser sans devoir ingurgiter une liste de 20 coups spéciaux en trois secondes.

On va pas en faire toute une histoire

Vous voulez jouer en solo car vous avez peur de croiser des gens méchants sur DBFZ ? Eh bien, accrochez-vous... Le mode histoire du titre est une horreur sans nom. Il consiste à traverser des cartes en choisissant ses combats. On va quelque part, on déglingue les ennemis, les combattants gagnent de l'expérience et éventuellement des niveaux qui améliorent leurs caractéristiques, et ainsi de suite, jusqu'au boss. Une fois défait, on passe à la carte suivante. Cette recette, vous allez vous la bouffer pendant dix heures, dans une histoire qui attend la dernière heure pour décoller et des ennemis dont l'IA est à peine digne de celle d'un sac de frappe. Et que vous le vouliez ou non, ces dix heures, vous allez vous les manger, puisque boucler le mode histoire est le seul moyen de débloquer un des trois personnages cachés.

C'est Cell que j'aime.

FighterZ est une grande fête de la baston à laquelle tout le monde est convié. Le fan de la série appréciera la mise en scène, l’amateur de jeux de combat trouvera un sympathique passe-temps, le fou de multijoueur sera heureux de constater que le netcode est solide... Certes, ceux qui ne jurent que par la simulation de chars soviétiques ou les jeux narratifs inspirés des œuvres tardives de Heidegger risquent de ne pas trop apprécier la beauté d'un kamé hamé ha qu'on balance juste après une téléportation. Mais pour les autres, fans de Dragon Ball ou de jeux de baston, DBFZ a tout pour devenir un incontournable. Les seuls déçus, dans cette histoire, seront finalement les « vrais joueurs ». Vous savez, ceux qui ne peuvent apprécier un jeu vidéo s'il ne leur donne pas l'impression de se ramoner l’urètre au barbelé et pensent que tous ceux qui ne jouent pas comme eux méritent injures et humiliations. Depuis la sortie du titre, ces derniers se font une joie de gueuler sur les forums officiels que le jeu est trop simple, notamment parce que KevinNaruto918 leur a collé une combo lors de leur dernier match en appuyant sur trois boutons. Mais avec déjà plus de deux millions d'exemplaires vendus dans le monde et 15 000 joueurs qui se tapent dessus tous les soirs sur la version PC, quelque chose me dit que DBFZ a plus d'avenir qu'eux.

Notre avis

Kahn Lusth le 5 février 2018

| Modifié le le 12 octobre 2024

Simple à prendre en main, superbement animé et pourvu d'un contenu très correct, Dragon Ball FighterZ est à la baston ce qu'Overwatch est aux FPS : un titre qui a su se réapproprier les codes du genre et les débarrasser de leurs lourdeurs, afin de se rendre accessible au plus grand nombre sans devenir bêtifiant. Une vraie réussite, hélas un peu gâchée par une interface insupportable et un mode histoire qui tient plus de la purge qu'autre chose.