Genre : combat
Développeur : Spike Chunsoft (Japon)
Éditeur : Bandai Namco
Plateformes dispo : Windows, PS5, Xbox Series
Plateforme test : PS5
Téléchargement : 27 Go
Date de sortie : 11/10/2024
Langues : japonais sous-titré en français
Prix : 80 €
Développeur : Spike Chunsoft (Japon)
Éditeur : Bandai Namco
Plateformes dispo : Windows, PS5, Xbox Series
Plateforme test : PS5
Téléchargement : 27 Go
Date de sortie : 11/10/2024
Langues : japonais sous-titré en français
Prix : 80 €
Rudyard Clipping
le 8 octobre 2024
| Modifié le le 15 octobre 2024
Si ma vie devait se résumer en une seule sensation, simple et éphémère, elle serait cet index qui soulève l’image d’une Carddass dédoublable Baby Vegeta pour en dévoiler une seconde, encore plus belle. Si elle devait l’être en un geste, ce serait un ample « kamehameha » derrière la maison de l’enfance, loin des regards, près des songes.
Pourtant, c’est bien la première fois que j’écris quelque chose sur la saga qui a le plus marqué mon existence. « Ne dis pas du mal de Vegeta ! », m’a lancé ma mère au téléphone l’autre jour, quand j’évoquais ce test. Ma première réaction a été « Quoi, tu te souviens de lui ? », ce à quoi elle a rétorqué « Tu regardais ça à longueur de journée, et je t’en ai acheté des jeux Dragon Ball ! ».
Metal Cooler & The Gang
C’est vrai que mes souvenirs immédiats naviguent entre les Ultimate Battle 22 (1995) et Final Bout (1997), puis la série des Budokai Tenkaichi. Budokai Tenkaichi 3 (2007) fut d’ailleurs mon dernier jeu de combat, un symbole d’une époque vacillante : la dernière année du lycée, la fin des confrontations avec les potes, l’avènement du online sur console de salon. Dragon Ball : Sparking ! Zero, c’est l’épilogue de ma génération.Sparking ! Zero se veut la suite directe de Budokai Tenkaichi 3 en proposant le contrepoint de FighterZ (2018). À la précision chirurgicale d’Arc System Works, il substitue le spectacle total, un glouton son et lumière en 3D. Des envolées à n’en plus pouvoir vers le ciel, des décharges d’énergie qui dévalent sur l’écran, des coups spéciaux multicolores qui répondent à d’autres coups spéciaux. Explosions de jaune, de bleu, de rose. Une rétine autant qu’une mémoire qui dévore l’action. L’impression de puissance, la vibration chromatique des auras, les transformations qui s’enchaînent avec désinvolture et plaisir, et puis les reflets chromes superbes d’un Metal Cooler.
Ça tangue Petit-Cœur
Tout débute pourtant à naviguer dans un menu digne des années 2000. Là-bas, une pléthore de modes où il vous faut choisir entre des épisodes scénarisés, des combats bonus, des tournois… Rien ne semble manquer à l’appel. La promotion du jeu avait surtout mis en avant les affrontements historiques en précisant qu’il serait possible de faire varier le cours de l’histoire. En effet, vous avez le choix de revivre les aventures d’une petite dizaine de personnages, dont Goku, Gohan, Trunks du futur, ou encore Freezer. Cependant, les fameux arcs parallèles ne modifient très souvent qu’à la marge le récit, et on se revoit à tabasser toujours les mêmes victimes expiatoires. Les vrais tournants sont réservés à Dragon Ball Super, par exemple avec l’arc spécial « Le plus fort des guerriers » de Gohan.Pour accéder à ces épisodes Sparking, vous aurez à remplir les objectifs secondaires de combats spécifiques. Des objectifs parfois si faciles qu’il est plus ennuyeux de débloquer la route principale, ou alors extrêmement ardu à cause de l’impitoyable chronomètre. Cette omniprésence des time trials se fait d’autant plus frustrante en raison des soucis techniques qui parsèment le jeu : personnage parfois bloqué derrière un mur invisible sur Namek ou dans les gradins du championnat du monde, textures mises à mal lors des contre-plongées au ras du sol ou sous l’eau, adversaires aux mouvements erratiques qui font des va-et-vient horizontaux ou verticaux sans raison tels les Pride Troopers, des barres de vie qui se vident après plusieurs secondes ou encore des adversaires qu’on tarde à détecter alors que le temps file.
Black Goku est un personnage réussi, mais après une cinquantaine de combats avec ou contre lui, on aimerait passer à autre chose.
Ciao Pai Pai
Il n’y a pas mort de Saiyans, et certains seront certainement corrigés d’ici la sortie, mais ça reste un problème. Surtout quand les attaques lancées derrière un élément du décor – et les baraques destructibles pullulent – passent tout le temps, ou qu’il suffit de planer dans une direction pour survivre face à des ennemis, du genre Cell. Toutefois, la principale limite pour quelqu’un de ma génération est sans aucun doute la place accordée à Dragon Ball Super au détriment du reste, une suite qui s’adresse à un public bien plus jeune et qui ne brille ni par son histoire, ni par son character design.Elle est même le deuil du charisme, de la tension et de la violence. Les sempiternels Raditz, Freezer, Cell et Majin Bū forment un agglomérat qui anticipe l’enchaînement des arcs « Trunks du futur » et « Survie de l’univers ». S’il y a bien quelques combats bonus, parfois aux objectifs peu clairs, qui permettent de revivre des moments iconiques et originaux de Dragon Ball Z, comme Gohan du futur face aux cyborgs, ceux-ci se font trop rares.
Quant à la place accordée à Dragon Ball et Dragon Ball GT, elle se réduit à peau de chagrin. Dommage car l’animation du nuage magique de Goku enfant est franchement superbe. Le casting ramène pas mal de monde, c’est vrai. Beaucoup de Goku et de Vegeta, c’est aussi vrai. Mais c’est surtout les multiples Cabba, Caulifla, Kale et Kefla au lieu d’un Super C17, d’un Nuova Shenron, d’un Tao Pai Pai ou même d’une Lunch bien vénère qui laissent un goût amer. Bien sûr, Black Goku est un personnage réussi mais après une cinquantaine de combats avec ou contre lui, on aimerait passer à autre chose. Au moins pas de Piccolo « Minute Maid » Orange ; du moins pas encore. Ce qui amène un autre coup de gueule : l’absence des musiques officielles en dehors de Genkai Toppa × Survivor. Oui, elles arriveront aussi en DLC, mais ça ne devrait pas être la norme, surtout quand ton titre vient de « Cha-La Head-Cha-La ».
Comme les boules de cristal qu’on réunit pour invoquer Shenron afin de faire revivre une sensation évanouie. Sparking ! Zero, c’est le divertissement, bourrin et insatiable. On l’aimerait juste moins lisse, moins répétitif. Plus brutal, plus Veghetto.