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Genre : i2d (indé deuil et dépression)
Développeur : imissmyfriends.studio (Inde)
Éditeur : Wholesome Games
Plateformes dispo : Windows, macOS, PS5
Plateforme test : Windows
Téléchargement : 500 Mo
Date de sortie : 02/04/2026
Langue : français
Prix : 10 €
Alo est coincée chez elle, comme tout le monde, avec ce dangereux virus qui circule dehors. Mais contrairement aux autres confinés, il ne s’agit pas du seul bouleversement qui la ronge. Elle vient d’entrer dans la vie active en acceptant une opportunité de travail en ville, loin de son village natal. Et puis il y a Jaja, sa grand-mère avec qui elle entretient une relation fusionnelle. Jaja vient de mourir. Depuis ce jour, Alo n’arrive plus à écrire de poésie. Les repères ont volé en éclat, alors on l’aide à s’en recréer. Comme dans Vendrán Las Aves (2025), ça passe par des routines. Se lever, se doucher, manger, faire le ménage, travailler, se brosser les dents, ne pas réussir à écrire, se coucher, recommencer. Ces tâches parfaitement optionnelles, parfois rébarbatives, maintiennent la jauge de santé mentale dans des valeurs raisonnables.

Mamie blues

L’autre rituel, c’est le déballage du bazar de Jaja que maman voulait jeter. Chaque jour, un carton, un bagage émotionnel. Le procédé narratif rappelle Unpacking (2021) et s’apparente à une sorte de taquin dans lequel vous faites glisser des tuiles pour décoincer un objet spécifique. Le premier est d’ailleurs ce jouet en forme de poisson qui prend inexplicablement vie, se met à nous parler depuis son aquarium et cherche à nous protéger de cette ombre qui rôde dans l’appartement.

Avec sa tête de jeu RPG Maker, ces réminiscences qui virent souvent au cauchemar, cette esthétique naïve qui dissimule les non-dits familiaux, il y a évidemment du OMORI (2020) dans Fishbowl, mais sans la trajectoire crépusculaire. Car Alo est bien lotie. Ses collègues, ses amies, sa mère, sa propriétaire : toutes la recouvrent d’amour. Si les dialogues, évidemment par Zoom, n’étaient pas si bien écrits, on aurait pu tomber dans le mièvre. Mais non, il n’en ressort qu’une submersion de chaleur et de solidarité féminine (les hommes brillent par leur absence dans cette histoire). Et quand, après avoir surmonté ses démons, je vois que c’est au tour d’Alo de participer au processus de guérison de sa mère, en distanciel, par la seule justesse de paroles envoyées sur la toile, c’est sur ma propre joue que j’ai senti une petite larme rouler.

Notre avis

Kocobé le 5 mai 2026
Fishbowl est certainement un peu trop long pour son propre bien et il flirte parfois avec un amateurisme formel qui aurait pu autrement me refroidir. Sauf que mon petit cœur d’artichaut a aussi fondu devant les tumultes de cette jeune adulte dont la lutte intérieure est parfaitement dépeinte par des dialogues sincères et débordant d’humanité.