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Genre : city-builder
Développeur / Éditeur : Polymorph Games (Canada)
Plateformes dispo : Windows
Téléchargement : 5 Go
Date de sortie : 31/01/2025
Langues : français, anglais
Prix : 34 €
Vraiment, c'est incroyable. À quel moment dans votre vie vous êtes-vous dit « je déteste le bonheur, je vais donc refuser d'acheter Foundation car cela pourrait me rendre heureux » ? Depuis sa sortie en version anticipée en 2018, je vous ai fait deux articles et des dizaines d'heures de stream sur Twitch pour vous convaincre des qualités de ce jeu. Et je ne le vois toujours pas dans votre bibliothèque Steam. Honteux. Alors je reprends mon bâton de pèlerin, et je recommence.
On peut dessiner des clôtures, poser de jolis bancs, planter des arbres bien taillés, installer des fontaines. Que vous faut-il de plus ?

Cosy, fleuri, gracieux

Foundation est le plus mignon des city-builders moyenâgeux. Il permet de bâtir des villages incroyablement organiques, puisqu'il n'y a pas de grilles comme sur un Banished. Les habitants tracent leurs propres sentiers en fonction de leurs déplacements. Il n'y a pas de vilaines routes à angle droit. Le placement des maisons n'obéit pas à un alignement artificiel, mais à l'humeur de leur propriétaire. Mieux : les mécanismes mêmes de Foundation nous obligent à faire du cosy, du fleuri, du gracieux, puisque le développement du village dépend directement de son embellissement. Si vous voulez qu'un roturier améliore sa chaumière, il faudra l'agrémenter d'un bosquet de roses, d'une pergola, d'un banc élégant. C'est merveilleux.

Foundation est aussi un vrai jeu de gestion/construction.

Considérations techniques

La sortie de la version 1.0 du jeu fin janvier fut un peu chaotique, puisqu'une foule d'utilisateurs se sont plaints de crashs incessants. C'est quand même dommage pour un jeu ayant passé cinq ans en version anticipée... Heureusement, les développeurs ont sauté sur leur PC et ont rapidement publié une série de patchs qui semblent avoir corrigé la majorité des problèmes.

Notez aussi que le jeu est devenu un peu plus gourmand, notamment si vous activez la nouvelle option graphique SSGI qui améliore l'éclairage. La différence est minime. Sur ma machine (9800x3d, RTX 3090), j'ai donc préféré la désactiver pour rester tranquillement au-dessus des 60 fps en 4K avec un niveau de détail élevé.

À côté de toutes ces fanfreluches, Foundation est aussi un vrai jeu de gestion, de construction et de management de ressources, exactement comme Banished. En tant que seigneur de ce petit paradis pastoral, il faut installer des chaînes de production (pain, bière, fromage, vêtements, outils...) pour satisfaire la populace, commercer avec les villages voisins, optimiser le budget municipal, planifier l'installation de grands bâtiments publics (mairie, château, monastère, auberge...) avec un système de construction modulaire fantastique.

Six ans de progrès

Ayant passé plus d'une centaine d'heures sur la version anticipée du jeu, je me suis dit que j'allais pouvoir tester cette version 1.0 rapidement. Le lancer, démarrer un petit village pour voir ce qui a changé, et basta, je passe à autre chose. J'ai été bien naïf. Foundation ne se pratique jamais « rapidement ». On le lance en début de soirée, puis on se traîne au lit à 2h du mat', complétement éclaté, avant de recommencer le lendemain, sitôt le petit-déj' avalé. N'ayant pas touché au jeu depuis plus d'un an, j'y suis retombé avec une facilité navrante, d'autant qu'il a bien évolué.

Encore plus cottagecore qu'avant.

Au niveau visuel d'abord, les chaumières ont changé de look. Elles sont désormais agrémentées d'un petit jardin clôturé qui change la physionomie des villages. C'est encore plus cottagecore qu'avant. La version 1.0 arrive aussi avec un nouveau système de patrouille municipale (pour rassurer les bons bourgeois dans leurs quartiers de luxe), des facilités pour construire de belles murailles de fortification, de jolies ruelles pavées, et de nombreux raffinements dans l'interface.
Souvent, je mets le jeu en pause et je fais voler la caméra autour de mon village pour en admirer le design organique. Et je me sens tout de suite bien. Apaisé. Serein.

Ce n'est pas non plus la petite maison dans la prairie

Il faut aussi signaler à ceux qui n'auraient pas suivi le jeu ces dernières années que Foundation n'est plus le city-builder très casual de ses premières versions anticipées. S'il reste possible d'y jouer relax, en baissant la difficulté, le mode Challenge n'a plus rien à envier à Settlement Survival, Ostriv ou Manor Lords. Le budget municipal est serré, les impôts arrivent au compte-goutte, et vous devrez planifier soigneusement chaque étape du développement (achat de nouvelles parcelles, progression technologique) pour ne pas finir dans le rouge. Même avec ma longue expérience, j'ai dû recommencer trois ou quatre villages avant de tout bien optimiser.

Le jeu est si charmant, si coquet, si attachant, que j'ai passé de délicieux moments à décortiquer ses gentilles complications.

C'est peut-être, d'ailleurs, le seul reproche que je ferai à cette douceur campagnarde qu'est Foundation. Certains mécanismes sont alambiqués, et le tutoriel peut induire en erreur sur la « bonne » manière de développer un village. Ce n'est pas très grave. Le jeu est si charmant, si coquet, si attachant, que j'ai passé de délicieux moments à décortiquer ses gentilles complications. Et après cinquante heures de boulot, j'ai un village tellement beau et bien organisé que je n'ai qu'une seule envie : en imprimer des photos d'écran pour les afficher fièrement dans mon salon, juste à côté de cet écriteau « Live, Laugh, Love » qui définit si bien ma personnalité.

Notre avis

ackboo le 14 février 2025
Cette version 1.0 de Foundation confirme ce que nous savions depuis plusieurs années : c'est le meilleur city-builder médiéval du marché. Beau, cosy, organique comme pas possible, avec un contenu énorme et un système de construction modulaire enthousiasmant, il flattera tout autant les gestionnaires rigoureux que les paysagistes, les jardiniers et les décorateurs sensibles.