Jeu: Marvel vs. Capcom Infinite
Genre: baston
Developpeur: Capcom USA (États-Unis)
Editeur: Capcom
Plateformes dispo: PC Windows, Playstation 4, Xbox One
Plateforme test: PC Windows, Playstation 4
Langues: anglais (sous-titres français)
Config: PC de joueur
Telechargement: 60 Go
Prix: 50 €
Drm: Steam
Date de sortie: 20170919
Genre: baston
Developpeur: Capcom USA (États-Unis)
Editeur: Capcom
Plateformes dispo: PC Windows, Playstation 4, Xbox One
Plateforme test: PC Windows, Playstation 4
Langues: anglais (sous-titres français)
Config: PC de joueur
Telechargement: 60 Go
Prix: 50 €
Drm: Steam
Date de sortie: 20170919
Pipomantis
le 19 septembre 2017
| Modifié le le 25 mai 2021
« Infini (nom masculin) : Qui n'a pas de fin.
En photographie, distance à partir de laquelle tous les objets produisent une image nette. »
Je veux bien mais dans ce cas-là, pourquoi les personnages de Marvel vs. Capcom Infinite sont-ils tous flous ?
Force est d'avouer que ce nouvel épisode de Marvel vs. Capcom va cliver, comme on dit quand on bosse entouré de start-up tout au long de la journée. À cause de sa direction artistique floue, « huileuse » et moins cartoon qu'avant (voire totalement infecte par moments, ne nous voilons pas la face) mais aussi parce qu'il s'agit d'un retour aux sources pour la série de Capcom. Contrairement aux épisodes les plus récents qui mettaient en scène des affrontements à trois contre trois, Infinite calme un peu ses ardeurs et limite les équipes à deux combattants. Toujours aussi débile, et secrètement réjouissant, le scénario poursuit l'histoire des deux dimensions qui s'entrechoquent et vomissent leurs personnages dans un grand gloubiboulga où tout le monde veut frapper son voisin parce qu'il lui a volé ses bijoux – ici les gemmes de l'infini, un poil plus précieuses que cette vilaine gourmette que vous vous trimbalez depuis le lycée. L'occasion pour Capcom de réaliser un mode histoire particulièrement nanar : les débuts sont très difficiles (je vous mets au défi de ne pas grincer des dents de gêne durant les premières minutes où tous les personnages s'appellent par leur nom pour être présentés) mais certains passages vont tellement loin dans la bêtise qu'on adhère lentement et sûrement à ce scénario où Ultron, le robot super gaulé des derniers films Marvel, fusionne avec Sigma, le méchant très cartoon de la série Mega Man X. Petite tape sur les doigts toutefois : c'est pas joli joli d'allécher le joueur en balançant quelques personnages prévus en DLC en plein milieu du scénario.
Le studio s'est démené pour créer des personnages amusants et originaux qui permettront de se trouver une équipe sur mesure.
Gemmes of Thrones.
« Mais alors ? comment que ça se joue, ma bonne dame ? », me demandera le lecteur qui a perdu son Bescherelle et ses lunettes dans la même journée. Eh bien, comme dans les épisodes précédents, chaque joueur pioche ses combattants parmi la trentaine de héros disponibles et les envoie castagner le duo d'en face. En plus des sempiternels coups de pied, boules de feu et gros câlins virils qui enlèvent la moitié de la barre de vie, il est également possible de changer de personnage à quasiment n'importe quel moment d'une simple pression sur une touche. Utile à plus d'un titre, ce transfert permet de mettre un combattant affaibli au repos pendant quelques secondes ou, pour ceux qui aimeraient quand même gagner, de démarrer une combo avec un personnage pour enchaîner avec son compère. Mais la vraie nouveauté de cet épisode (même si elle a été discrètement repiquée au Marvel Super Heroes de Capcom en 1995), c'est la présence des gemmes de l'infini de l'univers Marvel. Avant chaque combat il faut en sélectionner une parmi six, chacune d'elles donnant accès à un pouvoir sur un bouton dédié. Projectile, chope, drain de vie… autant de petites capacités souvent bien pratiques pour continuer un enchaînement ou agacer l'adversaire. D'autant que chaque gemme offre également un coup beaucoup plus puissant qui pourra par exemple enfermer l'adversaire dans une cage (et l'empêcher d'appeler son copain), augmenter la vitesse de son combattant ou bien ressusciter un compère tombé plus tôt. Un système qui, mine de rien, peut totalement transformer la dynamique d'un combat ou d'une paire de combattants.
Le retour du Jedah.
La grande question qui agite les fans de jeux de combat – et à plus forte raison les fans de crossovers – est bien sûr celle du casting. Les inévitables (Chun-Li, Ryu, Captain America et autres Spider-Man) répondent quasiment tous présent malgré de nombreux changements dans leurs coups qui demanderont de bûcher à nouveau vos chouchous des anciens épisodes. Mais comme toujours, ce sont les petits nouveaux qui accaparent toute l'attention. On notera l'arrivée de personnages comme Captain Marvel ou Ultron, qui jouent sur leur rapidité et de gros lasers qui traversent tout l'écran, Gamora des Gardiens de la Galaxie avec ses pétoires et sa grosse épée ou encore le grand méchant Thanos, lourd, puissant et jouissif à manipuler. Toujours pas de X-Men malheureusement, sûrement pour de vilaines raisons de cauchemar légal. Côté Capcom on retrouve Jedah, le démon perdu il y a presque vingt ans dans Darkstalkers 3 et Mega Man X, oublié dans Marvel vs. Capcom 2. De ce côté-là rien à dire, le studio s'est démené pour créer des personnages amusants et originaux, qui permettront à chaque joueur de se trouver une ou plusieurs équipes sur mesure.
Le pal des débutants.
Même s'il reste bien plus complexe que nombre d'autres jeux de baston (et bien que la palme reste attribuée à Marvel vs. Capcom 3, dans lequel le profane se faisait rouler dessus sans pouvoir placer un coup), Infinite se veut plus accessible. Avec le passage à deux contre deux tout d'abord, mais aussi grâce à des affrontements beaucoup plus lisibles et un laxisme bienvenu dans l'enchaînement des combos. Même les grands, grands débutants pourront s'y mettre avec de nombreuses options pour assouplir les différentes manipulations (on peut par exemple dédier une touche à une furie ou activer une combo automatique qui se réalisera en martelant un bouton) et la présence d'une galerie de didacticiels et d'exercices pour travailler ses personnages. Non vous ne rêvez pas, après la catastrophe qu'a été la sortie de Street Fighter V, Capcom s'est décidé à vendre un jeu terminé avec la totalité de ses modes de jeu. Bon, ça reste Capcom, hein, faut pas non plus les prendre pour les Mère Teresa du business : le titre sort avec six personnages prévus en DLC, dont on se demande même s'ils ne sont pas déjà sur le disque. Toutefois ne boudons pas notre plaisir, Marvel vs. Capcom Infinite reste un très bon jeu de combat, qui prend le risque de s'aliéner quelques débutants pour faire plaisir aux vieux briscards. Ces derniers pourront se retrouver avec le regard entendu de ceux qui étaient là depuis le début, ceux qui savent.
Malgré une sincère volonté de simplifier beaucoup de ses mécaniques, Marvel vs. Capcom Infinite risque tout de même de faire souffrir les joueurs qui l'auront acheté naïvement après avoir vu Avengers au cinéma. Ça n'en fait pas un mauvais jeu pour autant, mais il vaut mieux que vous soyez prévenu.