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Genre : Dark Souls
Développeur : Team Ninja (Japon)
Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Plateformes dispo/test : PlayStation 4
Téléchargement : 12 Go
Langues : voix en japonais ou anglais, sous-titres en français
Date de sortie : 13/03/2020
Prix : 60 €
Allez-y, traitez-moi de weebs parce que le jeu se passe en 1500 et des poussières au Japon, je m'en moque, même si je dois admettre que le petit amateur de culture nippone qui sommeille en moi n'est pas resté de marbre face à cette direction artistique « réaliste mais pas trop quand même ». Oui, on ne lance pas le petit dernier de la Team Ninja pour son histoire, qui se résume assez simplement : « Y'a des esprits qui mettent le boxon partout, allez leur péter les dents pour leur apprendre la politesse. » Or, même si le titre se montre plutôt chiche en matière de narration, impossible d'ignorer le soin apporté aux quelques cinématiques qui ponctuent l'aventure et expliquent que notre personnage peut s'approprier les pouvoirs de certains esprits pour les utiliser à sa guise, ce qui en fait un chasseur ou une chasseuse1 approprié(e).

1 : Ou une chasseresse, mais vous conviendrez que ce terme ne sied guère pour parler d'une femme qui se promène chaque dimanche dans les bois, bourrée à la vinasse et avec un fusil chargé dans les mains.

Bokutō de cuisine

Un ou une puisque l'une des principales nouveautés proposées par Nioh 2 repose sur la création du personnage, qui permet de se faire un avatar à la carte grâce à une quantité astronomique d'options. Sexe, couleur de peau, taille, musculature, balafres, couleur des yeux, ondulation des cheveux... Les plus maniaques ont de quoi s'occuper une bonne heure en peaufinant leur perso jusque dans les moindres détails, ce qui promet déjà de sympathiques rencontres en multi puisque le jeu permet de coopérer avec deux autres joueurs. Pour le reste, on est dans du Nioh pur jus : on choisit la hauteur de sa garde au combat2, on laisse ses points d'expérience sur une tombe qu'il faut « toucher » pour les récupérer après avoir crevé, et chaque niveau est parsemé d'autels qui, à la manière des feux de camp dans Dark Souls, permettent de dépenser son XP et de sauvegarder tout en faisant réapparaître les ennemis. Si vous avez épluché le premier opus, la reprise de vos marques devrait être quasi instantanée.

2 : En gros, plus l'arme est levée et plus celle-ci fait des dégâts en limitant nos esquives.

On se voit tantō

Bien qu'exigeant, Nioh utilise un système qui permet de réguler la difficulté sans passer par un menu. En effet, chaque niveau est constellé de tombes, laissées par d'autres joueurs à leur mort. D'un côté, les tombes bleues symbolisent les esprits bienveillants qui seront contrôlés par l'IA et nous suivront au combat. De l'autre, les tombes rouges des esprits malveillants, que l'on peut combattre pour obtenir du loot et surtout, quelques consommables à dépenser pour invoquer les esprits bleus. Une mécanique qui n'est pas sans rappeler les Fantômes de Dark Souls et permet de ménager – dans une certaine mesure – la chèvre et le chou en permettant aux débutants d'invoquer des bourrins qui leur mâchent le travail, tandis que les habitués pourront affronter des esprits malveillants bien balèzes pour se garantir un meilleur butin.

Forcément, Nioh ne serait pas Nioh sans ses dégueulis de loot.

Yokai, faut qu'on

Tojours au rayon des nouveautés, notons également l'apparition des « capacités Yokai » qui, sans bousculer le gameplay, offrent une quantité non négligeable d'options pour nos builds. Obtenues après avoir tué certains boss, celles-ci peuvent en effet être équipées pour obtenir une attaque spéciale, calquée sur celle du monstre vaincu. Saut qui envoie une lance géante, coup de scie géante, géant qui géante un truc géant... Ces capacités optent souvent pour un gigantisme défoulant et même jouissif, lorsqu'on envoie valser un adversaire coriace avec une attaque surpuissante. Mieux encore, le joueur accède petit à petit à un éventail d'esprits sacrés qui vont l'aider dans sa quête, lui permettant ainsi de prendre temporairement leur forme pour, encore une fois, décupler sa force. Et contrairement à ce que ce déluge de puissance pourrait laisser croire, Nioh 2 n'est pas plus facile pour autant, puisque la difficulté de cette suite semble avoir été lissée. Ainsi, les boss qui pouvaient bloquer un joueur pendant un très long moment sont aujourd'hui plus « faibles », surtout lorsqu'on décide de les affronter à l'aide d'autres joueurs ou d'une ou deux âmes bienveillantes – voir encadré. Toutefois, la difficulté du moindre niveau semble avoir été revue à la hausse, si j'en crois toutes ces morts brutales et les litanies de gros mots qui les ont accompagnées. Plus complet que son prédécesseur, ce nouvel opus a donc la particularité d'être aussi doté d'un rythme moins haché qui nous met dans une sorte d'apnée permanente, au point de transformer chaque partie en l'équivalent vidéoludique d'une longue session d'asphyxie autoérotique.

Notre avis

Kahn Lusth le 6 mars 2020

| Modifié le le 29 janvier 2026

Lissé sans renier l’exigence de son gameplay à la Dark Souls, Nioh 2 est aussi une suite plus complète qui permet de développer son personnage plus en profondeur, notamment grâce à l'apparition des capacités volées sur les cadavres de quelques boss. Le jeu préféré des gens qui détestent Dark Souls, en quelque sorte.