J'ai une tendresse particulière pour les rayons « arts créatifs » des magasins. Je pense à tous ces gens qui s'y approvisionnent puis passent des heures à fabriquer eux-mêmes des décorations plus laides et moins symétriques que celles qu'ils auraient trouvées cinq fois moins cher chez Ikea. Ce sont sans doute dans ces rayons que les développeurs de Project Wingman font leurs courses.

Leur truc, aux gars de Sector D2, ce n'est pas le macramé, mais Ace Combat. Alors, forts d'un crowdfunding réussi et au mépris du risque que représente pareil projet pour une si petite équipe, ils ont créé leur propre Ace Combat avec l'Unreal Engine, de la colle et des ciseaux. Tout y est similaire au jeu de Bandai Namco : du gameplay arcade à l'extrême aux missiles multifonctions trimbalés par packs de cent et agrémentés de quelques armes spéciales, jusqu'aux séquences optionnelles de décollage et d'atterrissage.
Tout est similaire en moins bien, devrais-je ajouter. L'interface des menus est absolument ignoble, la configuration d'un joystick inutilement complexe (jouez au pad de toute façon, ça marche mieux et c'est fait pour), les missions beaucoup moins variées (très peu de scénarios scriptés, on se contente de canarder d'un bout à l'autre) et le scénario incroyablement premier degré, un comble pour une histoire de mercenaires du futur qui combattent dans des avions d'occasion. Au moins Ace Combat 7 était conscient de sa propre absurdité et parfois très drôle.

MiG-figue, MiG-raisin.

Et puis bon Dieu, ses missions avaient des checkpoints ! Dans Project Wingman, on joue à l'ancienne et quand on se retrouve à zéro points de vie au terme de vingt minutes de longue attrition, on recommence tout. Alors oui, il y a le mode conquête, où les victoires nous permettent de capturer des territoires sur une carte stratégique, qui serait intéressant si les combats ne restaient pas aussi répétitifs. Il y a également la VR, que sauront peut-être apprécier les plus solides d'entre vous. En ce qui me concerne, après dix minutes non-stop de dogfight à 600 nœuds, j'étais plus blanc qu'un F-35 hollandais après son shampouinage. Et un peu vert aussi, de ne pas pouvoir vous recommander davantage le fruit du dur labeur de petits producteurs indépendants.

Project Wingman | Notre avis : 6

| Modifié le 5 mai 2021
Vous : (1) avez fini tous les Ace Combat et êtes en manque de paniers de roquettes sans fond ? (2) avez envie de soutenir de petits développeurs indépendants ? (3) avez un casque VR et un estomac en acier trempé ? Alors ajoutez un point à cette note et allez donner 25 boules aux créateurs de Project Wingman. Sinon, préférez l'original à la copie : malgré leurs efforts méritoires les petits gars de Sector D2 n'avaient pas les moyens de se hisser au niveau de Bandai Namco.