Développeur : Digixart (France)
Éditeur : Digixart
Plateformes dispo : Windows, Switch
Plateforme test : Windows, Switch
Téléchargement : 14 Go
Date de sortie : 16/08/2021
Langues : anglais sous-titré en français
Prix : 20 €
| Modifié le le 19 septembre 2021
J’étais assis devant mon pote, au milieu de la place, une pinte à la main. Il a commencé à moins articuler, et j’ai vu toute la soirée défiler devant mes yeux, avant même de l’avoir vécue : moi, tout seul dans un bar avec un ami qui n’articule plus parce qu’il n’a pas mangé depuis midi. Et puis, il a posé cette question, et la nuit a été sauvée : et toi, si tu avais un budget illimité, qu’est-ce que tu ferais comme jeu vidéo ?
Sur la route.
Le problème de mon jeu, c’est que je ne suis pas game designer : il y a plein d’aspects qui me passent totalement au-dessus. Et puis, il faudrait vraiment un budget illimité, surtout si, comme je l’imagine, il rivalise graphiquement avec un GTA ou un RDR2. J’ai été content, du coup, que le studio français Digixart, avec un budget loin d’être illimité, choisisse de faire presque exactement ce que j’avais en tête, en trouvant des solutions pour ce qui n’est pas réalisable. Comme dans mon rêve, c’est bien un road trip avec plein de personnages intéressants à rencontrer, mais il y a d’autres choses. Déjà, il y a une solution simple pour rendre tout ça ludique : la gestion des ressources. C’est un peu sommaire dans Road 96, mais au moins c’est là. Le personnage que l’on incarne a une jauge de santé qui diminue si l’on ne boit pas, ne mange pas ou ne dort pas. Ni l’essence dans le véhicule (simulée, puisque les phases de conduite sont uniquement narratives), ni l’argent ne sont illimités. Du coup il faut faire des choix : prendre un taxi pour dormir un peu, faire du stop et risquer une mauvaise rencontre, faire un bout de chemin à pied parce qu’on se sent en forme, voler une voiture ? Chaque choix est l’occasion d’une nouvelle rencontre et d’une nouvelle étape, où il va falloir gratter un peu d’argent, un hamburger, un coin pour faire une sieste ou quelques infos pour passer la frontière plus facilement.
Toute la sainte journée.
L’autre aspect très bien vu, c’est que Road 96, d’une certaine façon, est un peu un roguelike. À chaque fois, il faut amener un adolescent à la frontière et tenter de le faire traverser pour quitter un pays fasciste imaginaire. Parfois, il va mourir ou se faire arrêter sur la route. Parfois, il va passer, et il faudra recommencer avec un autre ado, pour qui le parcours sera différent : il rencontrera souvent les mêmes personnes, mais dans un autre contexte, et ne fera pas face aux mêmes difficultés. Il bénéficiera, aussi, des habilités débloquées par les personnages précédents. Crocheter une serrure, par exemple, ou pirater les ordinateurs. Peu à peu, à coups de petites scènes, tous les destins des personnages sur la route vont finir par se croiser et se rejoindre pour construire une histoire plus grande et plus complète. Dans l’ensemble, Digixart compose vraiment avec un tout petit budget, mais le jeu est plein d’idées qui sont particulièrement bien vues pour créer à peu près ce que j’avais en tête, dans une version un peu plus réaliste.