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Jeu: Shortest Trip to Earth
Genre: rogue-like spatial
Developpeur: Interactive Fate (Estonie)
Editeur: Iceberg Interactive
Plateformes dispo: PC Windows
Plateforme test: PC Windows
Langues: anglais
Config: carte graphique dédiée requise
Telechargement: 350 Mo
Prix: 22 €
Drm: Steam ou aucun sur Gog
Date de sortie: 15/08/2019
Mes mantis ont dévoré d'innombrables astronautes, mes bombes incendiaires ont ravagé maintes salles des boucliers, mes lasers-hallebardes ont déchiré des navires invincibles. Comme vous – j'espère –, j'ai essoré FTL : Faster Than Light mieux que l'aurait fait un sèche-linge dernier cri, ceux avec une pompe à chaleur et un moteur à induction qui garantit à la fois durabilité et économies d'énergie. Dans ces conditions, l'arrivée de Shortest Trip to Earth est providentielle. Le jeu est scrupuleusement semblable à FTL : il s'agit toujours de commander un vaisseau et de l'amener à l'autre bout du cosmos malgré les embûches. Grâce à une vue du dessus, on ordonne à l'équipage de réparer des brèches ou de se rendre dans les pièces stratégiques, pendant qu'on vise celles du navire d'en face avec des missiles et des lasers. De temps en temps, des marchands permettent de faire le plein de carburant et des événements aléatoires – épaves à piller, embuscades, planètes mystérieuses – pimentent l'aventure. Shortest Trip to Earth aurait pu être issu du même moule que son précurseur s'il ne s'était pas vidé une grosse seringue de complexité droit dans la jugulaire.

Onze rôles possibles, huit attributs par arme, dix galaxies à visiter rendent-elles vraiment l'expérience plus amusante ?

La grosse redite à module.

Lorsqu'on a toujours vécu des combats spatiaux en 1 contre 1 dans FTL, difficile de ne pas sourire jusqu'aux oreilles en affrontant pour la première fois trois vaisseaux d'un coup. Ou en installant une serre à côté de la passerelle pour fournir des plantes au bio-réacteur. Ou en se mettant aux commandes d'un vaisseau gigantesque. Ou en débloquant des perks permanentes entre deux parties. Bâti sur des fondations déjà solides, Shortest Trip to Earth a pu piocher dans la liste des fantasmes des fans du genre pour se forger une identité propre. Et quand le jeu tente des choses qui relèvent moins de l'évidence, comme la navigation en temps réel – et non au tour par tour – sur une carte d'un système solaire, il s'agit d'apports bien pensés et soignés, qui s'accordent très bien avec le reste. L'évolution des vaisseaux reste le meilleur exemple de ces innovations réussies : plutôt que des salles fixes et inamovibles, les vaisseaux sont composés d'emplacements de modules. Au joueur d'en trouver pendant la partie et de remplacer ceux qu'il a déjà ! Vaut-il mieux virer l'infirmerie pour faire de la place à un canon supplémentaire ? Un vieux mais solide réacteur doit-il être démonté au profit d'un modèle performant mais fragile ? Voilà le genre de dilemmes que le joueur de Shortest Trip to Earth doit résoudre en permanence.

Info et usage d'info.

Au-delà de ces chouettes mécaniques, les Estoniens d'Interactive Fate ont aussi approfondi tout ce qui concernait la gestion du vaisseau et de son équipage. Il n'y a pas moins de sept ressources (et leurs modules de stockage) à gérer, 10 compétences par matelot et les dégâts sont matérialisés physiquement par des trous dans la coque, alors attention, on ne rigole plus. Et justement, on ne rigole plus. La multiplication des indicateurs à garder à l’œil rend le jeu plutôt lent et dénué de candeur, tandis que la force de FTL résidait au contraire dans sa simplicité et sa maîtrise. Les possibilités très nombreuses offertes par Shortest Trip to Earth sont appréciables, mais fastidieuses à passer en revue. Sans compter qu'un jeu plus ouvert implique aussi un jeu avec plus de ratés et de maladresses, des combats impossibles à gagner parce qu'on ne dispose pas d'un combo d'armes précis, ou des événements aléatoires qui s'enchaînent sans laisser une seconde de répit.

Le mieux est l'ennemi du bien.

Dans ces moments-là, on se prend à penser avec mélancolie à des temps plus simples, où un jeu n'avait pas forcément besoin d'une interface de trois hectares pour nous mettre dans la peau d'un capitaine de vaisseau. Les onze rôles possibles par astronaute, les huit attributs par arme, les dix galaxies à visiter par partie rendent-elles vraiment l'expérience plus amusante ? On peut en douter, quand même les graphismes du jeu semble avoir l'air trop adultes pour leur propre bien et retirent une bonne partie de la satisfaction que devraient apporter les combats. Rien que la vision d'un seul vaisseau, agglomérat de textures métalliques qui fourmille d'icônes, amène vite à la conclusion qu'une surenchère de sérieux ne rend pas forcément un jeu plus attrayant. Et qu'il ne faut pas grand-chose pour que la complexité vire à la complication.

Notre avis

Izual le 24 août 2019

| Modifié le le 25 mai 2021

Shortest Trip to Earth est un jeu tout à fait correct, porté par d'excellentes idées, comme ces vaisseaux dont l'intérieur est configurable à volonté. Mais avec sa débauche de chiffres, d'indicateurs et de ressources à surveiller, il démontre aussi qu'un rogue-like spatial doit savoir conserver une certaine simplicité sous peine de vite devenir rébarbatif.