Genre : JRPG
Développeur : ArtePiazza (Japon)
Éditeur : Nintendo
Plateforme dispo : Switch
Téléchargement : 6,4 Go
Date de sortie : 15/11/2023
Langues : français, japonais
Prix : 60 €
Développeur : ArtePiazza (Japon)
Éditeur : Nintendo
Plateforme dispo : Switch
Téléchargement : 6,4 Go
Date de sortie : 15/11/2023
Langues : français, japonais
Prix : 60 €
Kabouka
le 23 janvier 2024
« Bienheureux les simples d’esprit, car le royaume des cieux leur appartient », a dit un jour je ne sais plus quel bouquin. Pour le royaume des cieux, je suis pas très sûre, mais pour le Royaume champignon, perso, je le sens bien.
C’est rare, dans le paysage actuel, que je tombe sur un jeu dont je ne sais presque rien. Bien sûr, on ne vous la fait pas : je ne vais pas prétendre que je n’ai jamais touché à Mario Kart et que je ne vois pas qui sont Peach et Bowser. Mais le lore du Royaume champignon – si tant est qu’il y en ait un – m’échappe totalement, je ne joue pas aux jeux Mario car je suis abyssalement nulle en platformers, et je ne savais même pas qu’il existait un autre RPG que Paper Mario, dont j’ignore d’ailleurs tout à part que ça parle de Mario et que c’est en papier.
Autrement dit, quand j’ai appris qu’un remake de Super Mario RPG allait sortir, je dois avouer que ça ne m’a pas inspiré grand-chose. C’est pourtant le business des remakes : la nostalgie, les souvenirs d’enfance qui remontent soudainement, l’envie de déguster notre madeleine de Peach et de retrouver l’innocence de temps plus doux. Il n’y a pas de recette miracle pour un bon remake, mais pour moi, il doit remplir deux rôles : satisfaire la nostalgie de celles et ceux qui ont fait l’original, en sublimant l’œuvre de base remise au goût du jour, et donner envie aux autres de la découvrir sans avoir l’impression de toucher à une vieillerie. Fièrement campée dans ce second groupe, j’étais donc curieuse de savoir si, oui ou non, j’allais aimer le remake d’un jeu de 1996 où, en guise de jeu de rôle, j'incarnerais Mario.
Garde la Peach.
Tout commence, comme il se doit, par une cinématique où la douce princesse Peach est kidnappée par le méchant Bowser, et son Italien moustachu préféré s’empresse de foncer à sa rescousse. Très vite, on découvre les bases du système de jeu en prenant le contrôle d’un Mario aux animations extrêmement expressives, le tout dans des décors qui convainquent tout de suite. La 3D ronde et colorée, les contrastes de couleur, la variété de l’ensemble rappellent le récent remake de Link’s Awakening et l’esthétique des autres Mario sur la Switch pour proposer un spectacle immédiatement attachant. Et puis, bim, le twist arrive : l’antagoniste ne sera pas Bowser, mais un certain Forgeroi, qui surgit au bout de 5 minutes de jeu pour lui voler son château… et sa princesse. Et Mario de devoir sauver le monde, un tuyau après l’autre.Le scénario tient évidemment sur un mouchoir, mais à ma grande surprise, je m’en fiche. Le jeu est non seulement conscient de dérouler des clichés, mais plus encore, il en joue ; à coups d’humour brisant gentiment le quatrième mur, de scènes si premier degré et attachantes qu’elles en deviennent presque méta, et d’une ambiance joyeuse et légère qui crée un divertissement permanent. Le plaisir est là, dans ces détails, dans cette mise en scène, ces animations, ces compagnons adorables ou surprenants que Mario réunit bien vite, ces antagonistes absurdes, et cet univers qui ne cesse jamais de se renouveler visuellement et ludiquement.
Mario au premier regard.
Le périple nous conduit à travers de nombreuses zones, mobilisant toutes les palettes de l’arc-en-ciel et autant d’ennemis et de décors différents qui font qu’on ne s’ennuie jamais durant les 10 à 15 heures que vous prendra l’aventure. On explore, on combat, on papote, on résout des énigmes, on trouve des coffres cachés, on tombe sur plein de mini-jeux variés et on rit de bon cœur de ce monde qui n’a jamais autant correspondu à l’expression consacrée : c’est fait pour les petits et les grands. Ainsi, je crois qu’il est assez évident que Super Mario RPG est un jeu parfait pour faire découvrir le JRPG aux enfants de votre entourage, tant il se veut mignon, jamais cruel, toujours simple sans pour autant nous prendre pour des imbéciles, et proposant une version extrêmement accessible de la formule habituelle du genre.
Toad à la joie.
Les combats, en tour par tour, alternent usage d’objets, de capacités spéciales ou de simples attaques, les personnages ont des stats, de l’équipement et des spécialisations (dégâts physiques, tank, mage, soigneur). Les faiblesses aux éléments et les effets divers (peur, poison) ajoutent une dimension tactique ; bref, le terrain est si connu qu’on y construirait sa maison. Pour autant, tout est réduit à l’essentiel : la difficulté est très accessible, le jeu sauvegarde à chaque changement de zone, on peut intervertir les compagnons en combat sans perdre leur tour et la dimension « fiche de perso » ne demande jamais de se prendre la tête. En somme, l’absence de challenge est remplacée par un confort tranquille.Il paraît, m’a appris Internet, que le jeu original a lancé tous les standards des RPG Mario ultérieurs, dont le fait d’ajouter un timer aux attaques ainsi que de pouvoir bloquer celles des ennemis (insérer ici une blague sur Dark Souls), donnant une petite dimension de rythme et de skills au classicisme des combats. Il paraît aussi que la musique, très appréciable, est signée de la légendaire Yoko Shimomura. Il paraît enfin que pour beaucoup de gens, c’est un souvenir d’enfance, jusqu’ici accessible uniquement via les consoles virtuelles de la Wii et la Wii U pour les publics européens, et que personne ne pensait pouvoir redécouvrir un jour légalement. Pour moi, ce sera surtout une jolie surprise, un bonbon joyeux où tout était ludique, léger et accessible, et où j’ai bien ri. Si j’avais des enfants, je sais ce que je leur offrirais.
Une quinzaine d’heures légères et divertissantes dans les clichés de l’univers Mario nous offrent un JRPG réduit à l’essentiel, qui ravira les enfants ou les grands enfants. Un peu trop simple si l’on cherche du challenge, mais une belle modernisation quoi qu’il en soit.