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Jeu: Werewolf: The Apocalypse - Earthblood
Genre: accident industriel
Developpeur: Cyanide Studio (France)
Editeur: Nacon
Plateformes dispo: PC Windows, PS4, PS5, Xbox One/Series,
Plateforme test: PC Windows
Config: carte graphique dédiée requise
Telechargement: 10 Go
Langues: anglais sous-titré français
Date de sortie: 04/02/2021
Drm: Epic Games Store
Prix: 40 €
Cahal est un loup-garou. Cahal est gentil, car il aime la nature, même s'il a une gueule de biker qui sort de taule après un quintuple homicide au marteau. Alors quand une méchante corporation s'installe sur ses terres et menace son clan avec sa vilaine pollution, Cahal pas être content, donc Cahal tuer les méchants. Voilà, vous savez tout sur le scénario d'Earthblood, plus torché qu'un métaleux au Hellfest. Qu'il s'agisse des dialogues ou de l'intrigue, chaque mot, chaque caractère et même chaque espace suinte le manque d'ambition, la démotivation et le travail bâclé. Trop soucieux d'expédier son scénarioNote : 1, le jeu prend tous les pires raccourcis imaginables, qu'il s'agisse d'insister lourdement pour dire que tel personnage est votre femme, que tel méchant est vraiment très méchant et que bon, la pollution, c'est mal m'voyez. Une créativité en panne sèche qui se ressent jusque dans les doublages, à mi-chemin entre le nanar et le catastrophique avec des répliques trop souvent à côté de la plaque, à l'image de ce « Non ! » poussif de Cahal qui voit sa chère et tendre mourir après vingt minutes de jeu.

Note 1 : Il faut dire qu'avec 8 à 10 heures pour voir la cinématique de fin, mieux vaut ne pas trop traînasser.

Fauve qui peut.

Pourtant, Earthblood est un jeu riche puisqu'en tant que loup-garou, Cahal propose trois formes distinctes et donc trois gameplays, à commencer par l'humain qui passe inaperçu dans certaines zones peuplées de civils, afin de faire avancer l'intrigue à grands coups de dialogues. À condition bien sûr de fermer les yeux sur lesdits dialogues absolument ineptes, comme cet instructeur qui nous recrute dans les forces spéciales de la méchante corporation en nous demandant quel type de viseur équipe leurs fusils et... le slogan de l'entreprise. Une idée qui aurait d'ailleurs pu nous pousser à nous promener pour écouter les dialogues, si les mauvaises réponses n'étaient pas sans conséquences sur l'histoire. Allez, pour être tout à fait honnête, de mauvais choix de dialogues provoquent généralement l'énervement du héros, ce qui aura pour effet d'augmenter sa jauge de rage et potentiellement, de déclencher une transformation involontaire en loup-garou. Sous cette forme, le jeu brille alors par sa capacité quasi surnaturelle à ne créer aucune sensation, avec des baffes sans punch, la physique flinguée et une impression constante de brouillon avec des effets qui saturent inutilement l'écran. Bien sûr, un système d'expérience permet de progresser dans un arbre de compétences et de s'améliorer en déverrouillant par exemple quelques attaques spéciales, mais les combats d'Earthblood peinent encore et toujours à nous maintenir éveillé. Reste donc la forme de loup.

Et sinon, on se garou ?

Pour être franc, la forme de loup est sans aucun doute ce que je préfère dans le jeu car, dans ces moments dédiés à l'infiltration, Earthblood nous fait oublier ses combats miteux et ses dialogues dignes du spectacle de fin d'année des 6e4 avec Mme Chombier à la mise en scène. Sans aucun cynisme, le loup est très agréable à utiliser, grâce à des déplacements fluides et une animation particulièrement réussie. Bon, après on finit par découvrir l'IA complètement aux fraises qui oscille entre l'aveugle et le missile à tête chercheuse, le ragdoll qui part en vrille au moindre assassinat à proximité d'un décor et ce level design désastreux qui résume à des arènes, des conduits d'aération et des bidules à désactiver sur des ordinateurs pour obtenir un avantageNote : 2. Et que nous reste-t-il après tout ça ? Une bande-son à base de métal générique qui devrait plaire à celles et ceux qui n'aiment pas le métalNote : 3, un tarif irréaliste compte tenu des finitions du produit et surtout, la sournoise et persistante impression que Le Monde des Ténèbres est condamné à engendrer de mauvais jeux vidéo jusqu'à la fin des temps.

Note 2 : Caméras à désactiver, portes à déverrouiller... Vous connaissez la chanson.
Note 3 : Exception faite du sympathique Kai Tangata de Alien Weaponry sur l'écran d'accueil, qui colle parfaitement à l'univers.

Notre avis

Kahn Lusth le 5 février 2021

| Modifié le le 25 mai 2021

Le slogan d'Earthblood est « Laissez parler votre rage ». Et à quarante balles le jeu tout tapé, difficile de faire autrement. Avec ses trois gameplays baclés, il donne l'impression d'être un accident industriel, sorti parce qu'il fallait bien que le jeu sorte un jour. Alors ce sera un point pour avoir rendu la copie, un deuxième parce que celle-ci ne s'accompagne pas de bugs bloquants et enfin un troisième, parce qu'il faut vraiment en donner un à celui ou celle qui s'est occupé(e) de l'animation du loup.