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Genre : extraction shooter
Développeur / Éditeur : Battlestate Games (Russie)
Plateforme dispo : Windows
Date de sortie : 2016
Langues : sous-titres en français, anglais
Prix : 52 €
Et puis vous y avez joué. Une partie, dix parties, cent parties. Et à chaque fois, ces montagnes russes émotionnelles : le bonheur enivrant de réussir une extraction avec un sac à dos plein de loot, après avoir buté trois escouades d'ennemis dans des fusillades dantesques, ou l'insupportable désespoir d'avoir croisé un tricheur qui vous a mis une balle en pleine tronche alors que vous étiez caché derrière des sacs de sable. Escape From Tarkov vous a brisé. Il vous a souillé l'âme, vous a plongé dans les tréfonds de l'angoisse et de la rage.
Alors, vous vous êtes dit « plus jamais ça », et vous l'avez désinstallé. Vous avez abandonné ce jeu trop injuste, dramatique et stressant aux cheaters et aux chômeurs fous furieux qui peuvent grinder 80 heures d'affilée après chaque wipe pour s'acheter des gilets pare-balles à 250 000 roubles. Et vous avez eu raison. Vos soirées sont plus calmes. Vous êtes moins irritable. Vous avez simplement retrouvé la joie de vivre que ce jeu avait prise en otage. Accessoirement, vous ne donnez plus un seul centime aux détestables développeurs de Battlestate Games, tout aussi russes qu'incompétents, qui n'ont jamais été foutus de corriger les problèmes de triche ravageant les parties multijoueurs depuis la sortie du jeu.
À condition de rester raisonnable sur le nombre de bots (dont les mouvements sont calculés par votre CPU, en local), la fluidité de SPT est tout à fait convenable. Cependant, Escape From Tarkov n'est pas un jeu recommandé aux petites configs.

Un autre monde est possible

Maintenant, j'ai une bonne nouvelle. Ne serait-il pas merveilleux de faire un gros doigt d'honneur à Battlestate Games, aux tricheurs qu'ils encouragent, aux joueurs pay-to-win, tout en rentabilisant les quelques euros que vous avez déjà dépensés en achetant Escape From Tarkov ? Voici donc Single Player Tarkov, alias SPT, un mod gratuit qui vous permet de jouer en solo, sans joueurs humains lourdingues, sans même passer par les serveurs officiels.

Ne serait-il pas merveilleux de faire un gros doigt d'honneur aux tricheurs ?

En circulation depuis 2020, SPT est devenu mature et a beaucoup gagné en popularité courant 2024. À tel point que Battlestate Games s'est senti obligé de sortir sa propre version d'un Tarkov solo, le mode PvE, vendu... 20 dollars. Bien sûr, ne l'achetez pas. Il est cher, mal optimisé (énormes pertes de FPS sur certaines cartes) et beaucoup moins intéressant que SPT, comme on va le voir.

Et ça devrait marcher pour l'éternité

Évidemment, les gros rapiats de Battlestate Games n'ont jamais vu SPT d'un très bon œil. Pensez donc, des joueurs qui échappent à leur système insidieux de microtransactions, pour améliorer leur stash après s'être fait tuer quatre fois d'affilée par des tricheurs, ça ne leur plaît pas. Le mod reste néanmoins toléré et surtout parfaitement fonctionnel depuis plusieurs années. Si le statu quo change avec la sortie de la version 1.0 du jeu en novembre, pas de souci : rien ne vous empêche de garder une version antérieure, compatible avec SPT, sur laquelle vous ne ferez pas de mise à jour.

Le multi c'est fini

L'utilisation de SPT est enfantine. Vous retrouvez vos vieux login/mot de passe d'Escape From Tarkov dans votre boîte mail, vous installez le jeu, puis le mod (ça prend deux clics). Il copie alors une seconde installation de Tarkov sur votre disque dur (le jeu de base n'est donc pas modifié) ainsi qu'un serveur local. Vous lancez ce serveur, puis le jeu, qui vous demande de créer ou d'importer un nouveau perso. Raffinement ultime : vous pouvez choisir votre inventaire de départ : « Standard » (identique à l'édition de base de Tarkov), mais aussi « Left Behind », « Edge of Darkness » et autres éditions permettant de démarrer avec plus d'équipements et plus d'argent.

En pratique, les parties de SPT sont strictement identiques à ce que vous avez connu sur le mode multijoueur de Tarkov. Même cartes, mêmes armes, mêmes points d'extraction, même système de loot, d'assurance, de quêtes et de progression. La seule différence est que vous n'y croiserez que des ennemis IA, aussi bien Scavs que PMC.

Pas de problèmes de connexion, pas de file d'attente, pas de tryharders suréquipés.

Cela donne un Tarkov que je qualifierais d'apaisé : pas de tricheurs, pas de problèmes de connexion, pas de file d'attente, pas de tryharders suréquipés. On est juste là pour profiter des jolies cartes du jeu et d'un gunplay de qualité, à lutter contre une opposition équitable, sans se stresser sur la date du prochain wipe. C'est un peu le Tarkov idéal. D'ailleurs, sur les forums, de nombreux vétérans du jeu racontent avoir installé ce mod afin de perfectionner leur connaissance du terrain et des armes, pour finir par abandonner complètement le multijoueur tant l'expérience est plaisante.
Pour jouer sans ennemis humains tout en gardant vos potes de randonnée, « Project Fika » permet de rajouter un mode coopératif à SPT.

Les mods du mod

SPT a un autre atout majeur dans la manche de son veston en Kevlar : on peut rajouter des mods à ce mod. L'écosystème est gigantesque : vous trouverez des mods graphiques et d'ambiance, des tonnes de bidouilles pour améliorer la Quality of Life (nouveaux HUD, cartes, menus, système de caméras...), des armes et équipements supplémentaires. Au total, il existe plus de 2000 mods qui changent tous les aspects du jeu. Un incontournable à signaler : « SAIN », téléchargé près d'un million de fois, qui remplace les bots par défaut (un peu con-cons) par une IA ennemie beaucoup plus réaliste et paramétrable. Avec tous ces mods, vous devriez pouvoir vous bricoler un Tarkov parfait, sans ne plus jamais avoir à supporter les bêtises de ses joueurs et ses développeurs. Il était temps.