Développeur : Silicon & Synapse (États-Unis)
Éditeur : Interplay
Date de sortie : 1993
| Modifié le le 25 mai 2021
Erik, Baleog et Olaf sont des Vikings ordinaires, jusqu'au jour où leurs petites vies tranquilles sont bouleversées par Tomator, l'extraterrestre à la tête de l'empire Croutonien. Dit comme ça, on pourrait imaginer des guerriers qui mènent une série de raids dans une usine de soupes à la tomate, mais nos héros vont finalement se retrouver emprisonnés dans un « zoo intergalactique » et surtout, dans un jeu de plateforme plutôt intelligent pour son époque.
Plus d'un Thor dans son sac.
Alors, ok. The Lost Vikings était un jeu rigolo et qui savait nous prendre par la main sans être lourd, mais cela n'était pas suffisant. Un point parfaitement compris par ses développeurs, qui ont alors imaginé de nombreux puzzles pour mettre à contribution les capacités de chaque personnage. Car loin d'un « simple » Sonic 2, où Tails le renard nous suit comme un poisson pilote, The Lost Vikings prend le parti de nous faire contrôler un seul personnage à la fois(1). Ici, une touche permet en effet de changer d'avatar, afin d'incarner tour à tour Erik pour profiter de ses capacités de course et de saut, Baleog pour déblayer les ennemis à coups d'épée et d'arc, et enfin Olaf pour protéger les copains avec son bouclier ou l'utiliser comme une plateforme. Des compétences qu'il conviendra de maîtriser au mieux pour résoudre chaque puzzle, d'autant que celles-ci peuvent servir de bien des façons, à l'image de la course d'Erik qui lui permet d'enfoncer certains murs, des flèches de Baleog qui déclenchent les interrupteurs et du bouclier qui permet à Olaf de planer. Ajoutez à cela les mécaniques propres à chaque environnement dont nous parlions plus haut, comme des bulles-plateformes ou des stations de gonflage pour permettre à un personnage de flotter pendant quelques instants et vous obtenez « de la belle ouvrage », même si cela sonne comme un reportage de Jean-Pierre Pernaut sur un petit artisan savoyard qui fabrique des porte-clés en crottes de lapin.1 : Ou deux, lorsqu'on joue en coop'.
Goût puzzle gum.
L'originalité, vous l'aurez compris, repose donc sur la possibilité de contrôler alternativement trois personnages qui vont devoir s’entraider et utiliser leurs capacités au bon moment, afin de venir à bout des puzzles les plus retors, à l'image de ceux croisés dans les niveaux égyptiens dont je garde encore des souvenirs bouillants. D'une certaine manière, The Lost Vikings pourrait alors déplaire puisque le jeu de plateforme, réputé pour offrir de l'action constante, semble ici quelque peu « haché » par ces personnages auxquels il faut tenir tour à tour la main pour avancer. Côté matière grise en revanche, c'est le nirvana lorsque tout s'assemble comme par magie après vingt minutes d'essais infructueux, à se demander comment passer ce foutu serpent qui nous bloquait la route. Et non, je ne lâcherai pas l'affaire avec cette histoire de niveaux en Égypte. Un jeu donc difficile, ce qui explique sans doute pourquoi chaque personnage a trois points de vie et un petit inventaire pour emporter des soins, des bombes et quelques autres bricoles. Difficile mais terriblement malin, si bien qu'aujourd'hui encore, The Lost Vikings mérite parfaitement sa place au panthéon des jeux de plateforme.The Lost Vikings 2.
Lorsqu'on parle de The Lost Vikings 2, tout le monde se souvient de la tiédeur des versions PlayStation, Saturn et PC. Développée par les Australiens de Beam Software, cette suite s'est surtout fait connaître pour ses graphismes en 3D précalculée d'un goût discutable et peu lisibles. Vraiment dommage, lorsqu'on sait que le jeu a tout de même tenté d'apporter son lot de nouveautés, avec désormais cinq héros dont un loup-garou qui pouvait escalader les murs et un dragon capable de voler. Une évolution qui, aussi bizarre que cela puisse paraître, rend aujourd'hui la version Super NES du jeu bien plus légitime aux yeux des fans, celle-ci étant une copie conforme des versions next-gen qui aura eu la bonne idée de conserver la patte graphique de son aîné, en plus d'avoir été développée par Blizzard.