La première fois que ma hache a rebondi sur un arbre, ça m'a fait bizarre. Après avoir galéré pendant vingt minutes pour ramasser des brindilles et des silex éparpillés dans la nature, je pensais que mon calvaire était fini : muni d'une hache rudimentaire, j'allais enfin récupérer du bois par quintaux entiers et me bâtir un abri. Mais non : cet outil ne sert qu'à fendre des souches rares et peu généreuses en rondins. Quand on ne connaît pas Hurtworld, l'absurdité d'un jeu de survie où l'on ne peut pas couper les arbres peut étonner. Pour qui s'y est déjà essayé, il ne s'agit que d'une aberration de plus. De fait, lorsque le débutant mourra de froid faute de bois de chauffage alors qu'il est entouré d'arbres, il aura épuisé depuis longtemps son stock de soupirs. Pourtant, sur le papier, Hurtworld dispose de sérieux atouts. Son monde ouvert multijoueur au style cartoonesque lui donne un air de Rust pensé pour ceux qui n'ont pas de PC de la NASA (ce qu'il faut pour jouer à Rust à 60 FPS). Avec un groupe d'amis soudés et du temps libre, il est possible d'y démarrer totalement nu puis, à force de persévérance, de se construire une base immense sur une montagne et de se confectionner des armes puissantes. Bien sûr, à moins de n'avoir que Hurtworld dans sa bibliothèque Steam ou jouer sur un PC trop pourri pour faire tourner quoi que ce soit d'autre, personne n'arrivera jusque-là.