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Jeu: Conan Exiles
Genre: survie
Developpeur: Funcom (Norvège)
Editeur: Funcom
Plateformes dispo: PC Windows, Playstation 4, Xbox One
Plateforme test: PC Windows
Config: PC de joueur
Telechargement: 50 Go
Langues: anglais sous-titré français
Date de sortie: 08/05/2018
Drm: Steam, Denuvo
Prix: 40 € sur PC et 50 € sur consoles
Je me réveille crucifié à poil dans le désert et le jeu me propose de créer mon avatar. Un Zamorien, une Picte, un Stygien... On me propose tellement de races jouables que ça en devient presque indécent. La bonne nouvelle, c’est que ce choix ne concerne que les fanas du roleplay et n’a aucune influence sur les statistiques du personnage. Je décide donc d’incarner un fier Hyborien que je transforme immédiatement en une bonne grosse caisse de muscles en bougeant quelques taquets, avant de lui faire une tête de sale type et de laisser la taille de sa virilité à une valeur moyenne. Je décide ensuite de croire en Mitra, parce que je ne suis pas une crevure qui prie des horreurs comme Yog ou Set, et encore moins un sauvage qui croit en Crom. De là, on me demande d’indiquer mon nom puis on me fait part des raisons de ma crucifixion. Apparemment, je viens d’être exilé pour avoir mis une beigne à un chameau, désobéi à un prêtre et pratiqué un démembrement non autorisé. Oui, dans cet ordre précis. Comme je suis en train de cuire au soleil, le service trois pièces flottant à tout vent, je ne donne pas cher de ma peau, mais Conan arrive pour me faire descendre de ma croix, avant de filer en me disant un truc du genre « maintenant mec, tu te débrouilles, je ne suis pas ton daron ». Bon, ben je vais me débrouiller seul alors.

Le système de combat, revu pendant la bêta, est devenu plutôt sympa grâce à un système de combos.

Le barbare gagne un niveau.

Perdu à poil dans le désert, quelques jauges me font rapidement comprendre qu’il va falloir prendre les choses en main pour ne pas devenir le prochain repas des vautours qui tournent dans le ciel. Je dois me sustenter, m’hydrater et veiller à ne pas avoir trop chaud ou trop froid. Je fais donc balancer ma zizouille jusqu’à un fleuve situé un peu plus au nord où je peux boire, et où j’établis un petit campement pour subvenir à mes besoins les plus primaires. En quelques heures, après avoir distribué des dizaines de coups de pioche et de hache dans les ressources du coin, je dispose enfin d’une petite cahute dont la construction s’est avérée plutôt aisée, pour ne pas dire agréable. Mais surtout, je peux enfin me déconnecter en sécuritéNote : 1 grâce à ma petite maison et même bénéficier d’une paillasse qui me sert de point de réapparition, très utile pour ne pas repartir depuis le désert dont je viens tout juste de sortir après chaque mort. Mais voilà, Conan Exiles n’est pas un jeu auquel on joue seul et ça tombe bien, puisque je suis sur un serveur tenu par des Canards de notre forum. Un petit appel au secours plus tard, je me retrouve à suivre un grand noir aussi tanké que moi qui m’emmène jusqu’à la base des Connards exilés. « On n’a pas réfléchi longtemps pour le nom de notre clan », me dit-il un peu gêné pendant que nous voyageons jusqu’à une immense tour construite par leurs soins.

Note 1 : Les corps des joueurs restent sur place pendant plusieurs heures après une déconnexion. Une très bonne idée, si l’on omet le fait qu'un joueur déconnecté peut crever de faim ou de soif, et donc perdre tout le contenu de son inventaire.

Un jeu dans lequel vous pourrez devenir qui vous voulez, en attendant quelques patchs salvateurs.

Oh, Seigneur Dieu.

Aux heures de pointe, cette base ressemble à une petite fourmilière dans laquelle chacun vaque à ses occupations et je me retrouve un peu par hasard à suivre trois gars qui partent « chasser de l’esclave ». Car dans Conan Exiles, de nombreux camps – et même une ville neutre – sont remplis de PNJ qu’on peut capturer pour bénéficier de leurs talents. Des combattants pour botter le train des curieux, des forgerons pour accélérer la fabrication des armes et des outils, des cuisiniers pour préparer plus rapidement des repas plus nourrissants qu’un steak jeté dans la braise... Vous voyez le genre. Ainsi, après avoir marché pendant de longues minutes, nous entrons dans une base en forme de bateau taillé dans la roche. On tue plein de gens et je constate dans un premier temps que le système de combat, revu pendant la bêta, est devenu plutôt sympa grâce à un système de combos et des animations qui ont de la gueule. Sans rire, difficile de ne pas se prendre pour un gros bourrin lorsqu’on sort une hache en la faisant tourner, avant de dégager son adversaire d’un coup de pied et de lui trancher la tête en hurlant. Ça me donnerait presque envie de m’oindre le corps d’huile et de jouer en slip, comme un vrai barbare. Bref, on se bagarre comme des chiffonniers lorsqu’un des nôtres crie « là, un menuisier niveau 3 ! ». Tels des loups qui viennent de trouver une proie, nous sautons tous sur le pauvre PNJ pour lui matraquer la tronche et le traînons à l’aide d'une corde. En théorie, il ne nous reste plus qu’à ramener cette victime chez nous pour la placer dans une « roue de la souffrance » où elle devra passer quelques heures pour en faire un esclave de notre clan. Mais en pratique, le personnage a disparu dans le sol à environ cent mètres de notre base, ce qui déclencha une série de cris de rage et autres « jeu de merde codé par des manchots ».

Donjons & Carton.

Bien qu’un peu buguée, cette aventure à base de coups et blessures m’a vite donné le goût du sang. Ce qui tombe plutôt bien, puisqu’un autre groupe me propose désormais d’aller explorer un donjon en sa compagnie. Une visite qui suscita une agréable surprise : les lieux sont particulièrement intéressants à explorer. On y trouve de petites énigmes à résoudre, des ennemis à combattre et bien sûr un énorme boss qui, à sa mort, nous permet d’apprendre la recette d’une armure impossible à fabriquer sans cela. Puis je suis retourné quelques jours plus tard dans ce donjon avec d’autres joueurs et là, comment dire... Le scandale ? Oui, voilà, le bon gros scandale. Les énigmes étaient déjà toutes résolues et mon groupe n’a eu qu’à foncer en ligne droite, pour finalement découvrir un boss qui refusait de sortir de sa cachette. Renseignements pris sur les internets, nous ne sommes apparemment pas les seuls à rencontrer de tels problèmes, et il semblerait que Funcom ait un peu bâclé les donjons pour la sortie du titre. Et si vous avez du mal à me croire, dites-vous que le second donjon se résume à une pièce dans laquelle on affronte trois ennemis en évitant quelques lasers. Oui, ça la fout mal et pourtant, on s’amuse comme des andouilles.

Qu’est-ce qui Crom au loin ?

Si l’on pardonne à Conan Exiles ses erreurs de jeunesse, c’est tout d’abord grâce à son système de périple. L’aventure suit une sorte de scénario qui, quand on le mène à son terme, met tout simplement fin au jeu. Certes, c’est osé de dire aux joueurs que leurs personnages développés avec amour pendant des dizaines d’heures seront effacés du serveur s’ils terminent la quête principale. Mais la bonne nouvelle, c’est que personne n’est obligé de finir cette quête, ce qui permet à chacun de faire ce qu’il veut. Les amateurs de PvP peuvent se castagner à l’aide d’engins de siège et de gigantesques avatars divins qu’ils invoquent. Les fous du roleplay se feront une joie d’ouvrir une boutique grâce aux innombrables recettes d’artisanat. Enfin, de leur côté, les amateurs d’exploration seront ravis de découvrir un monde cohérent, où chaque chose semble à sa place et où un rocher peut cacher un coffre au trésor, l’entrée d’une grotte ou un PNJ qui nous apprendra une nouvelle emote. En somme, Conan Exiles devient le premier jeu à faire le pont entre la survie et le MMORPG façon Star Wars Galaxies ou Ultima Online. Un jeu dans lequel vous pourrez devenir qui vous voulez et où, en attendant quelques patchs salvateurs, j’ai décidé d’ouvrir ma propre taverne. Alors, si jamais au cours de vos aventures vous tombez sur un rade appelé Chez Conan le Barman, passez donc me faire un petit coucou. Je vous offrirai un verre en écoutant vos aventures avec plaisir. Puis nous ronchonnerons ensemble sur toutes ces petites choses que Funcom aurait pu améliorer en se donnant six mois de développement supplémentaires.

Hyborien ce système

Dans Conan Exiles, un système du nom de purge sert à éviter que les clans les plus imposants prennent trop d’avance. Sur le papier, chaque joueur qui fabrique quelque chose contribue à remplir la jauge de purge de son clan et, lorsque celle-ci est pleine, une attaque de monstres se déclenche sur la base du groupe. Mais dans les faits, ces assauts frappent n’importe quelle base du clan, ce qui explique qu’une pauvre cahute provisoire peut se faire ratiboiser pendant que les principaux bastions du clan sont épargnés. En bref, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un autre élément de gameplay que Funcom a ajouté en dernière minute et il ne fait aucun doute que la purge sera modifiée à grands coups de patchs.

Notre avis

Kahn Lusth le 21 mai 2018

| Modifié le le 25 mai 2021

Conan Exiles n’est pas terminé. Certaines fonctionnalités promises, comme la sorcellerie, sont absentes et, d’une façon plus générale, le sentiment d’inachevé qui hante ce titre conduit souvent à ronchonner comme un petit vieux devant le journal télévisé. Pourtant, la richesse et l’ouverture du jeu rendent le titre de Funcom très immersif, si bien qu’on a envie de lui pardonner cette sortie un peu foireuse en attendant quelques patchs.