Pour démarrer le A-10C Thunderbolt II, c'est-à-dire passer de l'état « à l'arrêt dans un hangar » à « paré au décollage », il faut près de dix minutes et quarante-cinq opérations distinctes. Allumer la batterie puis les moteurs, booter l'ordinateur de bord, armer le siège éjectable, charger la liste des munitions et le plan de vol, aligner la centrale inertielle utilisée par le pilote automatique ; quarante-cinq commutateurs à basculer, boutons à appuyer, paramètres à entrer... Toujours les mêmes, dans le même ordre, le degré zéro du jeu vidéo. DCS World propose d'ailleurs une option « démarrage à chaud » qui permet de commencer la mission dans un appareil prêt au roulage. Mais aucun joueur de DCS World digne de ce nom, à moins de débuter sur un nouvel appareil ou de vouloir tester rapidement les scripts d'une mission créée dans l'éditeur, n'utilisera jamais l'option « démarrage à chaud ». La présence de cette séquence de décollage, pourtant ennuyeuse à mourir, est même l'un des principaux arguments avancés par les joueurs pour prouver la supériorité de DCS sur son concurrent IL-2. Moi-même, pourtant pas particulièrement obsédé par la recherche d'expériences hardcore dans les jeux, je démarre toujours à froid. Même quand je joue seul, même quand cela limitera d'autant le peu de temps que je peux consacrer à une partie, je mets un point d'honneur à enclencher un par un les systèmes de contre-mesures, à regarder avancer patiemment le décompte m'informant de l'état d'alignement de la centrale inertielle. Non pas parce que j'aime ça, mais parce que j'aime ce qui va venir ensuite et que, amputée de la séquence de démarrage de l'appareil, la mission qui suit est moins satisfaisante. Elle paraît moins vraie. Pourquoi ?