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Jeu : Streets of Rage 4
Genre : beat'em up
Développeur : Lizardcube, Dotemu, Guard Crush Games (France)
Editeur : Dotemu, SEGA
Plateforme test : PS4
Config : PC de joueur
Telechargement : 3 Go
Prix : 25 €
DRM : Steam
Plateformes dispo : PC Windows, PS4, Switch, Xbox One
Date de sortie : 30/04/2020
Langues : textes en français
Entre 1991 et 1994, les trois premiers Streets of Rage ont fait la joie des amateurs de baston sur Mega Drive, qui attendaient impatiemment le grand retour de la franchise. Vingt-six ans plus tard, cette suite est arrivée, et on y trouve tout ce qui fait le charme des précédents jeux : ses personnages emblématiques, ses adversaires roublards et son scénario approximatif à base de syndicat du crime qui sème la terreur sur la ville – mais surtout, sa forte propension à mettre à terre le joueur, à le rouer de coups et à l’humilier. Le jeu reprend les codes du beat 'em up à l’ancienne, avec tout ce que ça implique de rigidité dans les déplacements. Alors qu’on défile horizontalement à travers la ville, il faut bien se positionner en face de chacun de ses adversaires pour lui asséner des coups, et toujours garder un œil sur sa jauge de santé – chaque attaque spéciale retire des points de vie, qu’on ne peut récupérer qu’en frappant ses ennemis sans se faire toucher.

Les ennemis se bagarrent fréquemment entre eux, ce qui donne toujours l’impression de débarquer dans un monde qui n’attend plus que nous pour se joindre à la grande bastonnade.

Battre le pavé tactile.

Les cinq modes de difficulté du jeu le rendent très accessible : chaque game over vous fait revenir au début du niveau, et seul le mode arcade est suffisamment punitif pour tout vous faire recommencer. Une fois qu’on a appris à enchaîner les combos et à disperser ses attaques spéciales pour éviter de s’écraser comme un pleutre contre le premier adversaire venu, on prend le temps de profiter de la grande richesse du jeu. Dans les modes arcade et histoire, on peut explorer douze niveaux, qui vont de la galerie d’art aux vieux quais, en passant par le commissariat et le dojo d’arts martiaux, avec ses petits cerisiers en fleurs et ses statues en forme de grue cendrée. Les ennemis se bagarrent fréquemment entre eux, ce qui donne toujours l’impression de débarquer dans un monde dynamique qui n’attend plus que nous pour se joindre à la grande bastonnade.

La direction artistique est impeccable, et on ne peut que s’incliner face à tous les petits détails qui donnent vie aux rues ultraviolentes de Wood Oak City. Plusieurs fois, j'ai été émue en voyant que les développeurs avaient pris soin d’intégrer une réceptionniste apeurée qui se planque sous son bureau, de s’attarder sur la lumière qui passe à travers les vitraux d’un manoir et sur les tentacules d’un cadavre de poulpe qui gît sur une table de cuisine. Les avancées technologiques leur ont aussi permis d'accomplir ce que les précédents jeux n'avaient pas été en mesure de faire – comme une voiture qui vient s'écraser en plein sur votre passage.

Streets of Rage 4 (2020)

Des bastons dans les rues.

Chaque niveau regorge d’éléments à détruire – que ce soit des motos, des distributeurs de boissons ou des vases en porcelaine – pour récupérer un peu de santé, glaner quelques points supplémentaires ou des étoiles (lesquelles permettent de lancer une attaque dévastatrice qui brise la garde de l’adversaire). Beaucoup de vos ennemis disposent d’armes que vous pouvez faire tomber et rattraper à la volée, et il n’y a rien de plus jouissif que de désarmer un policier de son Taser ou un ninja de ses shurikens pour tout leur renvoyer en pleine face. Il y a aussi des flaques d’acide, des trous dans lesquels projeter vos ennemis, des niveaux secrets à trouver, des lustres à faire tomber – qui permettent une infinité de possibilités, des scènes de bagarre parfaitement orchestrées et de grands moments de solitude (quand on se fait électrocuter par le même fil trois fois de suite ou qu’on tombe systématiquement dans le même trou). Et bien entendu, il y a la fabuleuse bande originale, composée par Olivier Derivière et de grands musiciens japonais comme Yūzō Kushiro (Streets of Rage 1 et 2) et Yoko Shimomura (Kingdom Hearts, FF XV), laquelle m’a vite fait adopter le comportement d’un écureuil sous kétamine.

Coup sur coup.

Côté personnages, on retrouve plusieurs des combattants d’origine, Axel Stone, Adam Hunter et Blaze Fielding, ainsi que deux nouveaux arrivants – Cherry Hunter (de loin ma préférée, notamment parce qu’elle est capable de se déplacer rapidement et qu’elle a une manière très dramatique d’écraser sa guitare contre la tête de ses ennemis) et Floyd, grosse armoire à glace aux bras bioniques. Chacun a ses spécificités et ses petits avantages : Blaze peut par exemple faire de splendides esquives aériennes, tandis que Floyd est moins mobile mais porte des coups plus dévastateurs. Grâce à un système de points général, il est aussi possible de débloquer douze personnages des précédents Streets of Rage dans leur version pixellisée. Et même si j'y ai déjà passé plusieurs journées seule à matraquer mon pad, le jeu gagne surtout en splendeur lorsqu’il est joué à plusieurs : jusqu’à deux en ligne et quatre en local, avec la possibilité d’activer les « dégâts alliés » – ce qui promet de fabuleux moments de chaos et de trahison.

Notre avis

Ellen Replay le 6 mai 2020

| Modifié le le 16 mai 2023

Bel hommage aux années 1990 et à ses trois prédécesseurs, Streets of Rage 4 ne se contente pas de caresser ses fans invétérés dans le sens du poil. C’est un excellent défouloir, une leçon d’humilité qui compte juste ce qu’il faut de touches de modernité et a suffisamment de contenu à revendre pour vous occuper de longues heures – et qui m’a fait pleinement renouer avec mes travers de vile compétitrice.