Genre : beat'em up
Développeur : Lizardcube, Dotemu, Guard Crush Games (France)
Editeur : Dotemu, SEGA
Plateforme test : PS4
Config : PC de joueur
Telechargement : 3 Go
Prix : 25 €
DRM : Steam
Plateformes dispo : PC Windows, PS4, Switch, Xbox One
Date de sortie : 30/04/2020
Langues : textes en français
| Modifié le le 16 mai 2023
Le jour où j’ai lancé Streets of Rage 4, je n’avais aucune nostalgie à l’égard de la franchise (sans doute parce que j’avais entre deux et cinq ans lors de son âge d'or et que j’étais trop occupée à faire de la pâte à sel) et je n’étais pas spécialement d’humeur à me faire traîner dans la boue. C’est pourtant exactement ce qui m’est arrivé : pendant plusieurs heures, je me suis fait avilir par des policiers musculeux, des dominatrices à fouet et des motardes agiles sur fond de drum’n’bass et de dance des années 1980. Et puis j’ai appris à leur retourner le compliment.
Les ennemis se bagarrent fréquemment entre eux, ce qui donne toujours l’impression de débarquer dans un monde qui n’attend plus que nous pour se joindre à la grande bastonnade.
Battre le pavé tactile.
Les cinq modes de difficulté du jeu le rendent très accessible : chaque game over vous fait revenir au début du niveau, et seul le mode arcade est suffisamment punitif pour tout vous faire recommencer. Une fois qu’on a appris à enchaîner les combos et à disperser ses attaques spéciales pour éviter de s’écraser comme un pleutre contre le premier adversaire venu, on prend le temps de profiter de la grande richesse du jeu. Dans les modes arcade et histoire, on peut explorer douze niveaux, qui vont de la galerie d’art aux vieux quais, en passant par le commissariat et le dojo d’arts martiaux, avec ses petits cerisiers en fleurs et ses statues en forme de grue cendrée. Les ennemis se bagarrent fréquemment entre eux, ce qui donne toujours l’impression de débarquer dans un monde dynamique qui n’attend plus que nous pour se joindre à la grande bastonnade.La direction artistique est impeccable, et on ne peut que s’incliner face à tous les petits détails qui donnent vie aux rues ultraviolentes de Wood Oak City. Plusieurs fois, j'ai été émue en voyant que les développeurs avaient pris soin d’intégrer une réceptionniste apeurée qui se planque sous son bureau, de s’attarder sur la lumière qui passe à travers les vitraux d’un manoir et sur les tentacules d’un cadavre de poulpe qui gît sur une table de cuisine. Les avancées technologiques leur ont aussi permis d'accomplir ce que les précédents jeux n'avaient pas été en mesure de faire – comme une voiture qui vient s'écraser en plein sur votre passage.
Des bastons dans les rues.
Chaque niveau regorge d’éléments à détruire – que ce soit des motos, des distributeurs de boissons ou des vases en porcelaine – pour récupérer un peu de santé, glaner quelques points supplémentaires ou des étoiles (lesquelles permettent de lancer une attaque dévastatrice qui brise la garde de l’adversaire). Beaucoup de vos ennemis disposent d’armes que vous pouvez faire tomber et rattraper à la volée, et il n’y a rien de plus jouissif que de désarmer un policier de son Taser ou un ninja de ses shurikens pour tout leur renvoyer en pleine face. Il y a aussi des flaques d’acide, des trous dans lesquels projeter vos ennemis, des niveaux secrets à trouver, des lustres à faire tomber – qui permettent une infinité de possibilités, des scènes de bagarre parfaitement orchestrées et de grands moments de solitude (quand on se fait électrocuter par le même fil trois fois de suite ou qu’on tombe systématiquement dans le même trou). Et bien entendu, il y a la fabuleuse bande originale, composée par Olivier Derivière et de grands musiciens japonais comme Yūzō Kushiro (Streets of Rage 1 et 2) et Yoko Shimomura (Kingdom Hearts, FF XV), laquelle m’a vite fait adopter le comportement d’un écureuil sous kétamine.